mercredi 4 août 2010

Aidons handicap International au Pakistan!

Inondations : Handicap International se mobilise

Pakistan. Des personnes affectées par les inondations.

© Reuters/Adrees Latif, courtesy www.alertnet.org

Présente au Pakistan depuis 2005, Handicap International a décidé d'intervenir au plus vite auprès de la population affectée par les inondations dévastatrices qui frappent actuellement le nord-ouest du pays. L'association a débloqué 100 000 € de fonds propres et met en place un dispositif pour répondre rapidement aux besoins de base des victimes.
Au Pakistan, la région de Khyber Pakhtunkhwa est frappée depuis trois jours de plein fouet par les plus terribles inondations jamais vues dans le pays depuis 1929. Plus de trois millions de personnes sont touchées par cette catastrophe qui a déjà fait plus de 1500 morts. Dans de nombreuses zones, les moyens de communication sont aujourd'hui coupés. Les trois districts de Charsadda, Nowshera et Swat sont les plus sévèrement atteints et de nombreuses régions sont totalement inaccessibles à l'aide humanitaire.
Présente dans le pays depuis le séisme de 2005, Handicap International y mène plusieurs projets et a déjà lancé par deux fois des missions d'urgence d'envergure, la dernière datant de 2009 suite à l'exode de trois millions de personnes fuyant les affrontements dans la vallée de Swat. L'association est notamment présente dans les régions affectées par les inondations.
La Direction de l'Action d'Urgence de Handicap International a mandaté son équipe au Pakistan pour organiser la mise en place de l'action et la coordination de l'aide avec les autres acteurs sur le terrain. Cette intervention s'appuiera notamment sur les conclusions de la mission d'évaluation actuellement en cours. L'association a débloqué lundi 2 août une enveloppe 100 000 € sur fonds propres pour permettre d'agir sans attendre. La priorité sera donnée à l'accès à l'eau et aux besoins de base (couvertures, abris, etc.), mais aussi à la santé.

Nos actions au Pakistan

Faire un don

Mots clés Technorati : ,,,

lundi 2 août 2010

Affaire Bettencourt: Éric Woerth blanchi? Pas tout à fait.

Le 29 juillet dernier, Jean-Yves Leborgne, l'avocat d’Éric Woerth, estimait que son client était désormais «en dehors de la polémique». C’était à l'issue dune audition très controversée, ayant eu lieu dans les locaux du ministère du Travail et menée dans le cadre d'enquêtes préliminaires sur de possibles conflits d'intérêts, trafic d'influence et financement occultes de partis politiques.

Durant cette audition d'après M° Leborgne,  le ministre a récusé, auprès des enquêteurs de la brigade financière, tous les soupçons de conflits d"intérêts et de financement illégal de parti politique.

Donnant l'impression que c'était le ministre qui avait dirigé l'audition de 8 heures, et non les enquêteurs, M° Leborgne concluait sa déclaration à la presse en faisant valoir que cette longue durée était liée au fait que «Eric Woerth voulait donner toutes les explications».

Tout à fait dans son rôle d'avocat, M°Leborgne blanchissait à l'avance, son client de tous soupçons et rejoignait les conclusions du rapport intégral de l'Inspection générale des finances, publié une semaine avant, par le ministère du Budget.

Rapport qui attestait, selon Le Point, qu"Éric Woerth "durant la période où il était ministre du Budget, n'est pas intervenu auprès des services placés sous son autorité pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Mme Bettencourt". dans la foulée, le rapport certifiait qu "Aucune intervention n'est avérée concernant le dossier fiscal de l'artiste François-Marie Banier ou ayant visé le gérant de fortune Patrice de Maistre ou sa société Clymène, qui gère les avoirs de la milliardaire".

Sauf que....ce rapport a été réalisé dans des conditions particulières et par un enquêteur très particulier.

Dans une article de François Sionneau , publié par le Nouvelobs , on apprend que ce rapport n'est pas le résultat d'une enquête "collectives, contradictoires et inquisitoriales " des services de l'Inspection générale des finances (IGF). Mais qu'elle résulte, à la demande exprès du ministre Barroin, du travail d'investigation solitaire de Jean Bassères, patron de l'IGF.

Une procédure bien peu habituelle, aux dires d'un ancien responsable de l'IGF, reproduits dans une article publié par le Monde, le 9 juillet dernier. Procédure au cours de laquelle personne n'a été obligé de témoigner ni de fournir le moindre document s'il ne le désirait. Procédure qui dépendait donc entièrement du bon vouloir des uns et des autres ...sans que l'enquêteur, si il en avait eu envie, n'ait le moindre pouvoir de perquisition ou de contrainte.

Autre particularité de cette enquête, c’est que le chargé d'enquête, Jean Bassères, a été nommé à son poste de directeur de l'IGF par Éric Woerth par décret en date du 24 janvier 2008 . Vous avouerais que mener seul, une enquête impliquant les agissements de celui à qui vous devez votre promotion, n'est pas chose confortable....

Et ce qui devait arriver arriva. Éric Woerth sortait entièrement blanchi de cette enquête, menée par une personne qui lui était redevable au dessus de tous soupçons.

Dès lors, au delà des question légitimes sur l'absence de contrôle, en 15 ans, de la situation fiscale de Liliane Bettencourt, de François-Marie Banier, et ce malgré une alerte envoyée en janvier 2009 par le Parquet de Nanterre, comment pourrait-on croire un seul instant aux conclusions de ce rapport du directeur de l'Inspection Générale des Finances, compte tenu des conditions particulières dans lesquelles il s’est déroulé.

Sans remettre en doute l’honnêteté de Jean Bassères, l'absence d'une enquête "collectives, contradictoires et inquisitoriales " fait porter sur son travail un doute fort et rend ses conclusions sujettes à caution.Il en ira très probablement de même, et pour les mêmes raisons, du travail d'enquête du juge Courroye.

Ainsi donc, le Gouvernement, en voulant à tout pris lever les soupçons sur l’implication d’Éric Woerth dans différentes affaires, en voulant communiquer vite et donner des signes de son activisme, obtient l'effet contraire à ce qu'il espérait. Et cela parce que tant au niveau de l'enquête du fisc que de celle du Parquet de Nanterre; il s'entête à utiliser des procédure très particulières qui ne laissent que des marges de manœuvres extrêmement restreintes aux enquêteurs. Enquêteurs qui eux même doivent leur promotion à ceux sur lesquels ils sont chargés d'enquêter et sont directement dépendant des 2 ministres de tutelle que sont le ministre de la Justice et celui du budget.

Quand à Éric Woerth, le traitement privilégié auquel il a droit, comme le soulignait Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale chargée de la justice au Parti socialiste, donne l'impression "qu'il y a un système hors norme pour les riches et puis il y a la loi pour les autres". Cette impression, renforcée par la volonté effrénée du gouvernement à vouloir que le financement du parti présidentiel échappe à la justice commune, a déjà entamé de façon indélébile, dans de très nombreux esprits, y compris au sein de la majorité présidentielle, la crédibilité du Gouvernement et de son ministre du Travail.

Tous les écrans de fumée, tous les discours sécuritaires ne pourront plus effacer cette conviction désormais profonde. Et Éric Woerth ne sera plus jamais blanchi, quand bien même le juge Courroye clos sans suite les enquêtes dont il a la charge.

Il n'y a là aucune chasse à l'homme sordide ni acharnement politicien, mais juste le résultat de grossières erreurs stratégiques d'un gouvernement de toute évidence en pleine débâcle.

Sources: Le Point; Libération; 20minutes; Le Monde; L'Express; Le Figaro

dimanche 1 août 2010

Déchéance de la nationalité: petite leçon de "drague électorale".

Selon que vous "draguez" tel ou tel électorat, il vous faudra adapter votre discours en fonction de votre publique et/ou de votre contradicteur.

Il ne saurait-être question, puisque votre contradicteur est un adversaire auquel vous voulez "piquer ses électeurs" et que vous voulez montrer aux auditeurs que, sur le sujet, vous êtes bien meilleur que lui, de donner raison au dit contradicteur, quand bien même, au fond de vous, vous partagez ses opinions.

Travaux pratiques sur le thème de la sécurité et de  la nationalité.

Depuis plus de 40 ans ce thème est le fond de commerce du Front National qui en profite pour coller sur le dos des "étrangers" tous les crimes et délits commis sur le territoire français. Une exigence obsessionnelle du Front National est de déchoir du droit au sol et du droit au sang, de déchoir de la nationalité française, tous les délinquants et criminels d’origine étrangère. Grosso modo ce thème "rapporte" au F.N., au moment des élections nationales, un peu moins de 10% des bulletins de vote mis dans les urnes.

Mais il n'y a pas que les électeurs du Front National qui s'inquiètent de cette insécurité latente. Au centre de l’échiquier politique et à gauche, des électeurs, plus ou moins sensibles au discours xénophobe, partagent le diagnostic frontiste mais veulent y apporter des solutions plus humaines, moins définitives que la déchéance de nationalité.

Il devient alors pour un candidat ayant décidé d'axer sa campagne électorale sur le thème de la sécurité et des sanctions applicables aux délinquants, de naviguer entre ces deux extrêmes: l'exclusion et la rédemption.

Il en va ainsi de Nicolas Sarkozy particulièrement en 2003, alors qu'il est ministre de l'Intérieur depuis 19 mois et prépare sa candidature à l'élection présidentielle de 2007. A cette époque, il sait qu'il doit, si il veut être élu en 2007, se donner une image d'humaniste,de dirigeant modéré, tolérant mais ferme, qui réussit ce qu'il entreprend.

L'émission de FRANCE 2 "100 MINUTES POUR CONVAINCRE" du 20/11/2003 ,au cours de laquelle il est confronté à Jean Marie Le Pen, va lui en donner l'occasion.

Voici quelques verbatim extraits de cette émission :

"D' abord, je veux dire aux Français qu'un étranger présent sur notre territoire, qui commet un crime ou un délit, va en prison et est expulsé à la fin de sa peine de prison...petite catégorie, quelques dizaines de cas par an, qui était concernée",

 

Attaqué par Jean-Marie Le Pen sur le fait qu'il n'a pas mis en œuvre cette loi, Nicolas Sarkozy répond:

"...pourquoi je l' ai fait, c'était des gens qui sont en France depuis le plus jeune âge, qui y ont passé toute leur vie, qui n' ont aucun lien en Algérie, au Maroc ou en Tunisie, qui ont été condamnés parce qu'ils ont commis un délit...Ou un crime.
"X" dans l' Isère, il prend 5 ans de prison, et pourquoi je n' ai pas voulu ( sic) qu' il soit expulsé ? Parce que "X" avait une femme française et 5 enfants français... l' expulsé serait conduit à désigner 5 orphelins et une femme sans son mari. Pourquoi devrai-je, alors que je suis ministre de l' Intérieur, faire porter la peine sur celui qui n' est pour rien, c' est-à-dire le gosse ou c' est-à-dire la femme ?
Monsieur LE PEN, et j' en termine par là, pourquoi je peux être ferme ? Parce que je suis juste, et pourquoi vous, vous ne pouvez pas être ferme au-delà dans les mots ? Parce que vous êtes injuste, et voilà la différence entre nous..."

 

Séquence intéressante parce qu'elle nous donne, de la bouche même du ministre de l'intérieur, le nombre de cas concerné, en 2003, par la mesure de déchéance de la nationalité: quelques dizaines de cas par an.

Séquence intéressante parce qu'elle montre que Nicolas Sarkozy ne méconnait pas l'article 1 de la Constitution de la Ve République et les deux principes juridiques intangibles depuis la Libération: "le droit à la nationalité et le refus de toute distinction entre les Français "de souche" et ceux ayant acquis récemment la nationalité".

Séquence intéressante parce qu'elle montre également que le ministre de l'Intérieur d'alors connait bien les articles 25 et suivants du code civil, qui énumèrent les quatre cas dans lesquels le Gouvernement peut déchoir une personne de sa nationalité française. Mais tout en les connaissant, il veut ignorer que cette loi ne s'applique pas à des crimes de droit commun et laisse croire faussement que c'est lui qui décide ( "je n' ai pas voulu ").

Bénéfice de la manœuvre: se donner une image de "défenseur de la veuve et des orphelins", d'un décideur à visage humain, respectueux des principes de la Constitution, ferme mais juste.

Il en va tout autrement, sur le même sujet, dans le discours prononcé à Grenoble cette semaine par le même Nicolas Sarkozy, désormais Président de la République.

Fini la défense de la veuve et de l'orphelin ( qui a dit pas pour Liliane Bettencourt et les orphelins Wildenstein.?)!

Fini les deux principes juridiques intangibles depuis la Libération!

Fini d'être juste!

Fini la différence, que Nicolas Sarkozy soulignait avec force, entre lui et Jean-Marie Le Pen!

Avec N Nicolas Sarkozy, vérité de 2003 n'est pas vérité de 2010...Je ne vois qu'une seule explication à un tel "grand écart".

Il y a urgence à "aller à la pêche" à l'électorat très à droite en reprenant encore et toujours l'antienne sécuritaire. Et ce pour deux raisons qui s'ajoutent au mécontentement des citoyens français face au "système Sarkozy corrompu".: La fuite de l'électorat modéré de l'UMP vers le centre et la fuite de l'électorat de la droite dure de l'UMP vers le Front National.

L'électorat et les élus plus modérés, du centre et même de l'UMP, qui ont soutenu le candidat Sarkozy en 2007, font sécession. Cette sécession va manifestement créer une hémorragie de bulletins dans l'électorat sarkozien de 2007. Hémorragie qu'il faut dores et déjà prévenir en évitant que des élus de l'UMP, "mal intentionnés", ne se rallient au Front National en 2012. Vidé à ses extrêmes, l'UMP et son candidat de 2012 ne pèserait plus très lourd dans les urnes.

Quoiqu'il en soit, je conseille à tout le monde d'aller lire le script de cette émission, qui en dit long:

- sur l'échec sécuritaire de N.Sarkozy, puisque de sa bouche même on apprend qu'en 2003 il n'y avait que quelque dizaine de cas par an et que ce chiffre infime n'a, d'après son discours de juillet 2010, pas diminué!

- sur le cynisme du personnage qui n'hésite pas à brocarder son adversaire alors qu'il fait désormais la même chose que lui.

"c' est une chose de parler, comme vous parlez depuis tant d' années, de désigner des adversaires, de protester, d'éructer, de désigner des ennemis à la Nation, de jouer sur les peurs, s' en est une autre d' essayer de faire ce que je fais, avec bien sûr des insuffisances, d' essayer au quotidien. "

- sur son aveuglement face à sa propre méthode

"Qu'est-ce qui fait la différence entre un homme d'Etat et un bateleur ? C' est que l' homme d' Etat cherche à apaiser, à rassurer, à rassembler, à additionner, le bateleur cherche à utiliser des peurs, et j' en ai vu ce soir des bateleurs. "

Et bien moi et quelques autres, depuis plus de trois ans, on en voit un tous les jours de bateleur. Et on peut dire, sans aucun doute, que l'élève à dépassé le maître, non?

Sources: Youtube; L'investigateur; Le Monde, Betapolitique; Dailymotion; Libération; L'Express;