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jeudi 8 décembre 2011

Décès du policier de la BAC : les mensonges de Nicolas Sarkozy

On savait l'UMP prête à tout pour mettre en valeur son action sécuritaire. N'avait-elle pas hésité à exploiter frénétiquement, en 2001, au moment de la campagne présidentielle, l'agression de Paul Voise ?  Agression qui, très curieusement, une fois la campagne de presse passée, n'a jamais fait l'objet d'une enquête poussée ni d'un jugement.

Mais cette fois-ci, il semble que Nicolas Sarkozy soit allé encore plus loin dans la manipulation, le mensonge et surtout le sordide.

En effet, nous avons tous pu lire -ou entendre - Nicolas Sarkozy prétendre qu'il venait d'assister aux derniers instants de la vie d'Eric Lales  , policier de la BAC, atteint d'une rafale de kalachnikov après une course poursuite à hauteur de Vitrolles, sur l'A7.

Or donc, d'après Nicolas Sarkozy, et les différentes agences de presses qui ont relayé ses propos, à 10 heures 59, on pouvait lire dans la Provence :

"ce matin Nicolas Sarkozy et aller à l'hôpital Nord au chevet du policier gravement blessé et qui lutte toujours entre la vie et la mort »

 

À 10 heures 59, d'après le journal la Provence, le policier luttait encore entre la vie et la mort.
A 11 heures 25, toujours dans le même journal, une nouvelle dépêche annonçait :

Fusillade de l’A7 : le policier Éric Lales est mort 


Malheureusement, pour Nicolas Sarkozy et les organes de presse, toutes ces informations sont fausses.

De sources concordantes constituées par des policiers en activité (qui ont pour la plupart été informés à neuf heures ce matin de la mort d'Éric Lalès survenue aux environs de 23 heures la veille), d'anciens  policiers  , et du personnel médical de l'hôpital Nord de Marseille, il est avéré qu'Éric Lales a été déclaré en état de mort cérébrale aux environs de 23 heures, la veille de l'arrivée de Nicolas Sarkozy.

Comme le souligne Marc Louboutin dans un entretien avec Olivier Bonnet  :

« les réseaux sociaux de policiers ont pleuré la mort d'Éric l'Alés à partir de 23 heures. Comment se fait-il que le Président de la République puisse « partager les derniers instants » de ce policier 20 heures plus tard ? Les politiques ont demandé à ce que la nouvelle ne soit pas annoncée. Sarkozy n'a pas vu Éric Lalès vivant. »

Je savais que la campagne présidentielle allait être de très bas niveau, mais je ne m'attendais pas à ce que le président/candidat pousse le cynisme jusqu'à aller « danser sur le cadavre d'un fonctionnaire mort en service ».

Je ne m'attendais pas à ce que l'Élysée exploite ce mensonge  sur Twitter dans une mise en scène sordide et irrespectueuse pour les proches de ce jeune policier.

Je savais également Nicolas Sarkozy prêt à jouer sur la corde sensible de ses concitoyens pour redorer son blason, largement déficitaire sur le plan compassionnel.

Mais je n'aurais jamais imaginé qu'il ose utiliser le décès d’un jeune père de famille avec ce cynisme et cette indécence innommable.

Il est vrai qu'il ne faut pas oublier non plus que Nicolas Sarkozy, lorsque cela l'arrange, s'est parfaitement s'accommoder d'un arrangement mensonger avec les faits, fussent-ils historiques . De la à agir de la même façon avec la mort d'un jeune policier, voilà un pas que Nicolas Sarkozy a franchi, toute honte bue !

Sources : le Point ; la Provence ; Facebook ; Plume de Presse ; Police etc. ; Variae   ; Libération

mardi 6 décembre 2011

Élisabeth Badinter, les prostituées et les caissières de supermarché

Hier soir, probablement en manque d'activité, puisqu'ils sont totalement dépourvus de pouvoirs pour régler les problèmes auxquels les citoyens français sont confrontés, nos vaillants députés, de droite comme de gauche, ont voté à l'Assemblée Nationale, une résolution réaffirmant "la position abolitionniste" de la France en matière de prostitution.

Outre le fait qu'une telle résolution de principe est très loin de résoudre les problèmes que rencontrent les prostituées en matière de santé, de sécurité, de conditions de travail, il m'a semblé que les justifications données par certains de nos députés fleuraient bon la "morale a 10 sous" si cher à notre bonne vieille bourgeoisie française, pétrie d'une volonté d'imposer au petit peuple une morale qu'elle est bien en peine de mettre elle-même en pratique.

Parmi ces propos qui se voulaient vertueux, j'attribuerais le palmarès de l'hypocrisie à Élisabeth Badinter qui, de façon pour le moins maladroite, a tenté de justifier son positionnement pour l'abolition et la pénalisation de la prostitution.

"Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit", a-t-elle dit mettant comme "seule condition, mais elle est essentielle" que la femme "ne soit pas contrainte".


C'est particulièrement la première partie de sa phrase qui m'a énormément interpelée car, par son côté démagogique, elle montre que celle qui la prononce n'est pas choquée par la prostitution elle-même mais par ce qu'elle rapporte à la prostituée.

Pensez donc quelle honte de gagner en trois jours ce qu'une caissière gagne en un mois à la caisse d'un supermarché !

Scandaleux cette argent facile, non?

Diantre ! Madame Badinter est choquée que quelqu'un puisse gagner en une journée ce qu'une caissière gagne en un mois de travail ?

Il ne me semble pas pourtant que Madame Badinter ait exprimée son indignation devant l'augmentation de 16,7 % des dividendes  que lui a rapportés sa situation de principale actionnaire avec 10 47 % de la société Publicis , pour l'exercice de l'année 2010.

La même année, la caissière « de référence » a tout au plus vu son salaire augmenter seulement de 0,01 %.... Quand ce n'est pas une diminution de son salaire qui lui a été imposée justement parce que des actionnaires, comme Madame Badinter, désirait que leurs dividendes augmentent.

Et l'hypocrisie va encore plus loin car Madame Badinter, sans apparemment dénier le droit de la prostituée, mais tout en étant choqué que ça lui rapporte autant, se réfugie derrière l'éternelle fausse compassion en ajoutant que la prostituée a le droit de se prostituer du moment qu'elle n'est pas contrainte de le faire... Ouf! les prostituées sont soulagées Elisabeth Badinter les protèges!

Remarquez, Élisabeth Badinter, en ce qui concerne la situation des femmes souffre toujours, comme le souligne Arrêt sur Images , d’un angle mort  chaque fois qu'il s'agit de Publicis dont elle préside le conseil de surveillance :

« Ce double statut a toujours généré, dans la production philosophique badinterienne, un point aveugle : la violence de l'injonction publicitaire faite aux femmes. »

Mais elle n’est pas la seule à ne pas  vouloir tout voir:

Ce que n'ont pas vu Madame Badinter et ses amis soucieux de remettre un peu de Morale à l'ordre du jour, c'est que leur position de principe qu'ils entendent transformer en loi, va probablement avoir des effets dramatiques, tant financiers que sociaux ou psychologiques, pour bon nombre de personnes.

Mais de cela, nos “bien heureux nantis”, assistés tout au long de leur carrière politique par les finances publiques, ne sauraient se préoccuper !

Alors certes, qu'on fasse des lois pour protéger les prostituées, notamment celles qui font l'objet d'une exploitation sordide et violente, que le Parlement donne à l'administration de l'État les moyens de lutter contre le proxénétisme, tout cela me semble normal au même titre que les règlementations concernant les conditions de travail que n'importe quel travailleur.

Mais il ne me semble pas que la position de principe que les députés ont présenté ce soir entrait dans ce cadre-là. Elle a une connotation morale qui outrepasse largement le rôle et la mission de nos représentants. Et en matière de Morale, Madame Badinter, comme tous ses collègues et amis actionnaires, n'a aucune leçon à donner à qui que ce soit.

Sources : Libération ; Publicis ; les Échos ; Arrêt sur image ; Rue89, Intox2007

lundi 17 octobre 2011

Au secours, la droite revient!


Nous avons pu échapper , pendant un mois, grâce aux débats structurants la primaire citoyenne, à l'omniprésence des “hérauts de la sarkozie”, des chantres de la réduction de la taille de l’État ,des perroquets de TINA,  des excavateurs forcenés du déficit public.

Il faut reconnaitre que ca a fait un bien immense de voir d'autres personnes que les sempiternels pseudo-experts de la crise ( qu'ils n'ont pas su voir venir et encore moins soigner).

Ca a fait un bien immense d'entendre parler d'autre chose que de sujets anxiogènes tels que la sécurité, l’immigration, la crise qui bouleverse tout mais à laquelle il FAUT impérativement se soumettre.

Et surtout,  quel bonheur d’entendre qu'il pouvait y avoir d'autres solutions pour redonner de la vitalité à notre Etat, à ses citoyens que celles qu'on nous sert matin, midi et soir depuis 2007 que les salmigondis des suppôts di libéralisme mondialisé!

Pendant un mois, les portes et les fenêtres du pays ont été grandes ouvertes, nous permettant soudain de prendre un grand bol d'air frais, d'espoir et d'envie d'autre chose!

On comprend que la majorité présidentielle ressente comme un danger cette période de la primaire citoyenne.

Elle représente tout le contraire de l'esprit de soumission que , depuis plus de 4 ans, les propagandistes zélés, qui croissent et se multiplient aux heures de grande écoute dans les médias tv, veulent voir adopter au plus grand nombre de nos concitoyens.

Et c'est pourquoi il faut nous préparer à une vaste offensive visant à nous reprendre en main et à nous recoller dans le moule de la pensée dominante!

L'offensive a d'ailleurs commencé depuis une dizaine de jours!

En effet, nous avons pu assister à un feu d'artifice des zélotes de la sarkozie, dont bon nombre de ministres dont on peut se demander si leur place n'est pas plutôt dans leur bureau à essayer de régler efficacement les problèmes du pays plutôt que de s'épandre en commentaires fielleux sur une démarche qui, somme toute, vise à redonner quelque pouvoir aux citoyens.

Avec un nombre de chômeurs avoisinants les 5 millions de personnes, Xavier Bertrand ne trouve rien de mieux à faire que de commenter la campagne de la primaire .

Nadine Morano, Ministre chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle , réclame la démission Martine Aubry de sa fonction de première secrétaire du parti Socialiste, estimant qu'elle a été désavouée par son résultat à la primaire . Est-ce bien la mission de Mme Morano de s'occuper du fonctionnement interne d'un parti politique qui n'est pas le sien? Non, bien sûr. Remarquez, dans ce domaine elle est récidiviste: En 2007,  alors que Jean-Marie Le Pen peinait à trouver ses 500 signatures, Nadine Morano n' a pas hésité a collecter des signatures de maires, dans son département Meurthe-et-Moselle, en faveur de Jean-Marie Le Pen. Une action qui vient démentir les récents propos de Jean-François Copé "Nous nous prenons depuis bien longtemps le procès systématique de supposée collusion avec le Front national alors que jamais, jamais, jamais nous n'avons toléré la moindre alliance avec le FN.” Ben voyons!

Laurent Wauquiez, ministre de l'enseignement supérieur , nous gratifie d'un diagnostic sur les adducteurs des socialistes. Manifestement ce monsieur a ratée sa vocation, car après avoir dit que l'assistanat est un « cancer de la société française » , ce n'est pas ministre ni politicien qu'il aurait du envisager comme carrière professionnelle, mais médecin. Seulement pour ça, il fallait avoir un capital de neurones dont il ne dispose visiblement pas!

Quand à Thierry Mariani, le ministre des transports  il  trouve que voir "Arnaud Montebourg et Manuel Valls se serrer la main et s'auto-congratuler derrière le même candidat" est digne d'un bon film comique. Il oublie que la majorité présidentielle à laquelle il appartient s'est, pendant les 4 années qui viennent de passer, largement auto-congatulée derrière Nicolas sarkozy.... alors qu'au regard des piètres résultats qu'elle obtenait, tant sur le plan électoral que sur le plan politique, économique et sociétal, il n'y avait pas vraiment de quoi!

Et l'offensive va continuer en présence du "grand manitou" himself , quand bien même il n'est pas candidat officiel!

La cerise sur le gâteaux ( si on peut appeler ça comme ça) de cette offensive se concrétisera le  24 octobre , par une émission d'une heure, diffusée simultanément sur TF1 et France 2,  en première partie de soirée .

Outre le fait qu'il est coincé entre le bilan calamiteux de son quinquennat et un cortège de scandales touchant ses très proches amis et soutiens, le "président/candidat perpétuel" va avoir de grandes difficultés à convaincre les citoyens français (à part quelques afficionados fortunés échappant à l'impôt), que la situation actuelle du pays n'est due qu'à la crise et à ses conséquences. Il y a donc fort à parier qu'il va essayer de nous la jouer «Moi ou le chaos (financier) » .

Je lui souhaite bien du courage! Et il faudra tout le "talent" du producteur des cette émission du 24 octobre, Maximal Production, filiale de Lagardère Entertainment,  pour que les téléspectateurs - stimulés intellectuellement par les 4 débats de la primaire citoyennes, conscients de l'incompétence avérée de “l'équipage Sarkozy” à éloigner le bateau des récifs, du manque abyssal de solutions efficaces que lui et son staff sont capables de proposer - se laissent prendre à une dialectique qui visera à leur faire croire qu' en dehors de Nicolas Sarkozy, point de salut!

Pour ma part, point de télévision le 24 octobre. Je n'ai jamais aimé les sermons, et si c'est pour avoir peur, je préfère un bon film d'épouvante a un mauvais remake de la campagne de 2007...

Sources: Le Blog Descoteaux; Le Parisien; Le Figaro; Le Monde; Europe1; Le NouvelObs; Rue89; Lagardère

jeudi 13 octobre 2011

15 bonnes raisons de ne pas voter pour Martine Aubry :

Le dernier débat télévisé de la primaire citoyenne ayant eu lieu, nous sommes, en tant que citoyens électeurs, désormais à même de prendre une décision de vote pour dimanche. Je ne vous cacherai pas que pour moi, le choix est fait et que je refuse totalement d'avoir à choisir entre les deux candidats issus de cette primaire , tant je les trouve éloignées des valeurs que je porte et des solutions que j'attends que le futur gouvernement mette en œuvre pour résoudre les multiples problèmes que rencontre mon pays
M'étant prêtée à l'exercice d'explication de vote en ce qui concerne François Hollande, je me propose, en toute équité, de faire le même exercice concernant Martine Aubry:
1) Martine Aubry a utilisé des méthodes peu glorieuses pour mettre de l'ordre au sein du parti socialiste :
  • La suppression des adhérents à 20 € a certes permis au parti socialiste de rester dans son entre soi. Mais cela a bouté hors du PS  tous les adhérents que la candidature de Ségolène Royal avait ralliés au parti socialiste.
  • Dans la région du Languedoc-Roussillon notoirement indépendante et certainement pas “pro Aubry”,  Martine Aubry, au mépris de la décision de justice qui avait lavé Georges Frêche de toutes accusations de propos racistes, n'a pas hésité à reprendre cette accusation, à la faire monter en mayonnaise grâce à ses amis de la presse, pour aboutir à la mise sous tutelle de ses principaux opposants de la région Languedoc Roussillon.
Prétendre avoir mis de l'ordre en pratiquant l'expulsion de tous ceux qui vous dérangent est une conception de la tolérance à la différence que je ne partage en aucun cas et qui ressemble fort aux méthodes actuelles du gouvernement qui prétend, en expulsant les ressortissants étrangers, régler les problèmes de sécurité du pays.
2) Martine Aubry a un sens de l'honneur très fragile. La façon dont elle a traité la forte présomption de tricherie lors du scrutin de l'élection du premier secrétaire du parti socialiste à Reims en est un parfait exemple. Il faut se souvenir que de très forts doutes ont pesé sur la validité des résultats des votes dès le soir même dépouillement de ces votes. À l'issue de tractations totalement opaques, Martine Aubry a été désignée vainqueur du scrutin. Elle a accepté une nomination entachée d’un énorme doute de tricherie. En tant que premier secrétaire du parti socialiste, si j'avais vraiment eu pour objectif de le rassembler , j'aurais immédiatement redemandé un la réunion d'un congrès afin qu'un nouveau vote encadré de façon à ce qu'aucune tricherie ne puisse avoir lieu. Bien loin d'agir de la sorte, Martine Aubry a qui le sens de l’honneur fait visiblement défaut, a balayé d'un revers de main toutes les objections et s'est dépêché de mettre à l'index (cf. le premier paragraphe), au niveau national et au niveau local, tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, pouvait remettre en question sa légitimité à diriger le parti socialiste.
3) Martine Aubry a un sens de la justice et à géométrie variable, elle ne cesse de répéter qu'avec elle la justice sera défendue, respectée. Mais à bien y regarder on ne peut que constater -au travers de l'affaire Georges Frêche et de l'affaire Guerini-  qu’elle ne respecte les décisions de justice et la présomption d'innocence que lorsque cela l'arrange.
Le fait même qu'elle accepte que Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo soient omniprésents dans sa campagne vient corroborer cette mauvaise impression. Delanoë et Hidalgo ne sont-ils pas à l'origine de la décision, dans l'affaire des emplois fictifs impliquant Jacques Chirac, de prioriser le remboursement des sommes dues à la mairie de Paris permettant à Jacques Chirac de sortir blanchi de cette sale affaire?
4) Martine Aubry se prétend pugnace mais les faits disent le contraire.  J'ai noté qu'au cours du débat elle a voulu attaquer François Hollande sur son évaluation de l'augmentation des postes dans la fonction publique. Hélas pour elle, elle a été incapable d'aller jusqu'au bout de sa démonstration et s'est pitoyablement emmêler les pinceaux, aboutissant à un magistral flop. C'est très dommageable, car dans l'hypothèse où elle serait la candidate du parti socialiste qui devra affronter Nicolas Sarkozy, ce comportement approximatif et velléitaire va permettre à Nicolas Sarkozy qui lui ne lâche jamais une attaque et la mène jusqu'au bout.
5) Martine Aubry gouverne de façon laxiste et opportuniste : En matière de prise et d’exercice du pouvoir, Martine Aubry n'a rien à envier à Nicolas Sarkozy car, outre le fait de mettre sous tutelle les fédérations qui lui déplaisent, elle a su placer discrètement dans les régions et les départements des personnes qui lui sont fidèles et qui désormais verrouillent bon nombre de sections.
6) Martine Aubry ne sait pas mettre en oeuvre les décisions collectives. Prenons l'exemple du cumul des mandats qui a été interdits par décision du congrès du parti socialiste et que Martine Aubry est totalement incapable de faire appliquer depuis que le cumul des mandats est interdit au parti socialiste
7) Martine Aubry n’est pas une rassembleuse. À la lecture de ce qui précède on voit très clairement que Martine Aubry sait parfaitement utiliser une organisation pour rassembler en excluant tous ceux qui ne partagent pas son avis, mais cela ne prouve en rien qu'elle saura rassembler au-delà du parti socialiste. L'autoritarisme, le sectarisme, dont elle et ses proches ont fait preuve au cours de ces deux dernières années, sera nettement insuffisant pour rassembler l'ensemble des parties de gauche et surtout de leurs électeurs, avec lesquels, malheureusement pour elle, elle ne pourra jouer de l'exclusion qui semble être son outil favori.
8 ) Martine Aubry ne rassemble pas sur des idées, mais sur des ambitions. Elle se vante de procéder au rassemblement des partis de gauche sans faire de concessions pour des postes mais uniquement sur la proximité et le partage d'idées. Or, tout le monde sait que Martine Aubry négocie en priorité avec les écologistes d'EELV. Si l'on doit reconnaître une qualité à Martine Aubry, c'est de savoir reconnaître ceux qui sont assez flous sur leurs convictions affichées pour céder à des promesses de postes lucratives. Regardez comme le parti socialiste qu'elle dirige a su neutraliser Jean Vincent Placé en lui offrant, au détriment d'un candidat socialiste, la place de sénateurs qu'il convoitait depuis toujours.
9) Martine Aubry est une technocrate et cela est apparu très nettement lors du débat d'hier. Pas plus que François Hollande, elle n'est capable de déployer ses projets et d'en faire une pédagogie en utilisant des mots simples compréhensibles par le moins cultivé des électeurs. Il y a eu, lors de ce débat, de grandes envolées technocratiques dignes de réunions d'experts à Bercy voir même du conseil de l'Europe. Mais hélas, des experts complètement déconnecté de la réalité quotidienne des Français, des experts qui considèrent que les citoyens français sont des administrés et non des personnes qui ont le pouvoir de décider, de réfléchir, de choisir en toute intelligence de leurs propres intérêts et non uniquement de ceux d'un État fantomatique.
10) Martine Aubry est dans le paraître trompeur. Probablement pour faire croire qu'elle partageait les idées de Ségolène Royal et attirer ainsi les électeurs de cette dernière, à très fréquemment utilisé des termes comme” juste”, “solution”, “participation”, “régulation”, etc. Mais, que ce soit sur son site ou au cours de ses interventions dans les médias, elle est incapable d'aller plus loin que la citation. Elle est dans la situation de ces personnes qui ont acheté un meuble en kit et qui ne trouvent pas la notice de montage. Et pour cause, ça n'est pas tout de copier une idée, encore faut-il avoir parfaitement compris ce qui la sous-tend en matière de valeurs, et le plan d'action qu'il va falloir mettre en place pour que cette idée devienne une réelle unité.
11) Martine Aubry ne répond pas aux questions qu'on lui pose. Pas plus que François Hollande d'ailleurs, n'a répondu clairement aux quatre questions d'Arnaud Montebourg. Cela en dit long sur le mépris que les deux finalistes de la primaire citoyenne peuvent avoir pour leurs camarades. Il est probable que Martine Aubry, comme lors du congrès de Reims, préfère, pour gagner la finale de la primaire, s'appuyer sur son réseau d'élus et sur les électeurs écologistes pour gagner  dimanche, avec une avance de 102 voix.
12) Martine Aubry a la prétention d'être la première femme présidente de la république française. Elle se sert d'ailleurs de cet argument pour essayer d'attirer les électrices, ce qui me paraît un argument on ne peut plus douteux dans la mesure où je ne pense pas sincèrement qu’être une femme ou un homme soit une qualité suffisante pour gouverner un pays. Du reste, mettre une femme incompétente ou un homme incompétent à la tête de l'État serait tout autant une grave erreur.
13) Martine Aubry se gargarise beaucoup des valeurs de gauche, mais je cherche en vain et depuis plusieurs mois une définition nette, précise et détaillée de sa part de ses fameuses valeurs de gauche. Ce n'est certainement pas au travers des exemples qui précèdent que je vais pouvoir me faire une idée des valeurs de gauche de Martine Aubry
14) Martine Aubry a une lourde responsabilité dans la dégradation du service public hospitalier. Elle a exigé la mise en place des 35 heures dans ce cette heure de façon totalement irrationnelle. Obligation a été faite aux hôpitaux de mettre en place les 35 heures de façon unifiée dans tous les secteurs d'activité des hôpitaux sans prendre en compte les sous effectifs déjà existants au moment de la mise en place et surtout, ce qui est plus grave, les restrictions budgétaires qui ont empêché les gestionnaires des hôpitaux d'embaucher le personnel nécessaire pour compenser la réduction du temps de travail. De fait, cela a engendré dans le secteur hospitalier une très grave dégradation des conditions de soins et une importante dégradation des conditions de travail des salariés du secteur public hospitalier dont il ne se remet absolument pas à l'heure actuelle. Et quand on pense que dans le projet actuel du PS elle a tenu a modifier seule certains passages du projet Santé, ça fait froid dans le dos!
15) Martine Aubry ne s'est toujours pas expliqué sur les fondements et les raisons du pacte de Marrakech qu'elle a signé avec Dominique Strauss-Kahn. Or, on ne me fera pas croire que ce pacte a été signé par pure amitié mais bien parce que le Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn partagent une vision de la place dominante et dominatrice de l'économie et de ses émanations bancaires, boursières, sur l'humain et sur les Etats. J'ai donc tendance à penser que Martine Aubry, qui nous fait croire qu'elle est proche d'Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal nous trompe consciemment.
Autant de raisons qui, de mon point de vue, me font dire que Martine Aubry n'est certainement pas une candidate de changement et surtout pas la candidate qu'il faut désigner dimanche pour faire face à Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle.
J'en entends déjà me dire qu'il y a quelque jours,  je critiquais abondamment François Hollande. Certains pourraient me demander si, parce que Ségolène Royal a pris position pour ce dernier, je vais ravaler mes critiques et voter dimanche pour ce dernier.
Il n'en est rien. Je continue à privilégier les valeurs, les idées de gauche, le programme et je maintiens mes critiques sur François Hollande et sur Martine Aubry.
Si je vais voter dimanche, ce sera pour déposer un bulletin blanc dans l'urne. Bulletin blanc qui sera comptabilisé dans les résultats du vote de dimanche et qui sera un avertissement clair au finaliste qu'il ne peut pas faire et n'importe quoi.
Source: Le NouvelObs

mercredi 28 septembre 2011

Les mystérieuses sources d'information de Brice Hortefeux


Le 23 septembre dernier, le parquet de Paris faisait savoir qu'il avait ordonné l'ouverture d'une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel, dans le cadre du dossier Karachi. L'enquête a été confiée à la police judiciaire.

Le déclencheur de cette enquête préliminaire est un appel téléphonique passé le 14 septembre par Brice Hortefeux a Thierry Gaubert, dont le téléphone portable était mis sur écoute. Au cours de cette brève conversation téléphonique, Brice Hortefeux informe son ami que sa femme, Hélène Gaubert, entendue par les services de police le 8 septembre, "balance beaucoup " d'informations à la police.

Brice Hortefeux : "Elle balance beaucoup apparemment Hélène"

Thierry Gaubert: "Qu'est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu'elle me dit qu'elle dit rien"

Brice Hortefeux : "Ça m'embête de te le dire par téléphone […] Il y a beaucoup de choses hein... Je te raconterai, poursuit-il, mais ils ont énormément de choses"

On peut légitimement se demander comment l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux peut savoir que Mme Gaubert a « balancé » aux policiers lors de son audition.

En effet, dans ce genre d'affaires, les policiers chargés de mener une audition sont tenus au respect strict du secret professionnel. Ils sont les seuls, avec leur hiérarchie et le juge d'instruction chargé de l'affaire, à savoir très précisément ce qui s'est dit lors d'une audition et ce qui est écrit sur le procès-verbal qui en résulte.

Or, les policiers ont certifié qu'ils avaient pris soin de conserver le procès-verbal de l'audition et que personne d'autre, à part leurs responsables hiérarchiques et le juge Renaud Van Ruymbeke, ne pouvait savoir que Mme Gaubert leur avait parlé des voyages que son mari avait effectués, en 1995, en Suisse, afin de retirer de l'argent pour le remettre au directeur de la campagne électorale d'Édouard Balladur .

Du reste, comment peut-il savoir qu'il s'agit d'Hélène Gaubert alors que, comme le souligne Magalie Drouet, la fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi en 2002,  le nom de Mme Gaubert n'était cité nul part dans les procès-verbaux puisqu'elle a été entendue comme témoin sous X.

Brice Hortefeux a assuré qu'il avait déduit les affirmations faites à Thierry Gaubert  de rumeurs de presse .

Malheureusement pour lui, la chronologie des faits démontre qu'en aucun cas il ne pouvait avoir appris le 14 septembre, par la presse, que Mme Gaubert avait été entendue par la police, dans la mesure où elle n'a été cité nommément par les médias que le 22 septembre, date à laquelle son époux a été mis en garde à vue . 14 jour se sont écoulés entre le moment où Mme Gaubert avait été entendue par la police et celui où son nom est apparu dans les médias.

Le nom du témoin n'étant pas emporté sur le procès-verbal d'audition, seule une toute petite poignée de fonctionnaires de police savait qui était interrogé, comment Brice Hortefeux pouvait-il savoir le 14 septembre que s'était Hélène Gaubert que les policiers avaient auditionné le 8 septembre?

Puisque qu'il est impossible que ce soit par des rumeurs de presse, par qui Brice Hortefeux a-t-il été informé du nom du témoin et du contenu de son témoignage ?

Inutile de préciser que les déclarations de Brice Hortefeux n'ont absolument pas convaincu les avocats des familles des victimes de Karachi.

Les démentis "hasardeux "de Brice Hortefeux  apparaissent d'autant moins convaincants que les services de la Présidence de la République irréprochable ont cru bon de publier un communiqué de l'Élysée dans lequel ils assuraient que le nom de Nicolas Sarkozy ne figurait pas dans le dossier d'instruction concernant le volet financier du dossier Karachi en cours d'instruction.

Deux affirmations qui, immanquablement, laissent penser que le secret de l'instruction est violé.

Comment, autrement, expliquer que les services de la Présidence de la République peuvent donner une telle assurance si ce n'est parce qu'ils ont accès au dossier d'instruction ou parce que des sources internes les informent très précisément de l'évolution de l'instruction ? Ou bien alors, ils mentent délibérément.

Comment expliquer que Brice Hortefeux connaît le contenu d'une audition de témoins sous X et le nom du témoin ?

Me Morice, avocat des familles de victimes, estimant qu'il y a eu "violation du secret de l'enquête et de l'instruction, violation du secret professionnel, recel et complicité" a donc portée plainte, notamment contre M. Brice Hortefeux.

Aux dernières nouvelles, Brice Hortefeux avec quelque velléité de porter plainte contre Me Morice , considérant que les allégations de ce dernier sont des "allégations mensongères et  calomnieuses "

Il n'en demeure pas moins que l'ex ministre de l'intérieur devrait être prochainement auditionné , dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte le 23 septembre, pour expliquer aux enquêteurs comment et par qui il est si précisément informé qu'il peut dire à Thierry Gaubert, le 14 septembre:

"Elle balance beaucoup apparemment Hélène... Il y a beaucoup de choses hein... Je te raconterai, mais ils ont énormément de choses"

Étant donné qu'il est fort peu probable que ce soit le juge Renaud Van Ruymbeke qui soit à l'origine des fuites, l'audition de M. Hortefeux devrait apporter quelques éclaircissements sur ses mystérieuses sources d'information...

Sources : Le Monde ; Europe1 ; le NouvelObs ; le Figaro ; l'Express ; 20 minutes

mercredi 14 septembre 2011

Citoyen, Citoyenneté, Civisme

Le mot citoyen fait partie du registre du vocabulaire politique.

Un bien beau mot qui, des cités-états grecs  , en passant par la révolution française de 1789, à nos jours, a subi bien des avatars, bien des attaques. Un concept qui aujourd'hui semble vidé de toute sa substance tant il semble, que pour certains, il soit synonyme de corvée, de droit mais pas de devoir (et vice versa). Tant il sert de clivage élitiste entre ceux qui auraient, en politique, tous les droits, les élus, et ceux qui n'aurait qu'un devoir, celui d'élire.

Pour bien comprendre toute l'ampleur de ce magnifique mot, il convient dans un premier temps de faire un bref rappel étymologique historique. Puis, dans un second temps nous tenterons d'établir un état des lieux du champ que recouvre le concept de citoyens et ses dérivés sémantiques : citoyenneté, civisme, droit, devoir. Enfin, nous ébaucherons des pistes de solutions autour de la question de la participation démocratique à laquelle fait référence le mot “ citoyen “ .

Il prend son origine dans le latin civis, que l'on peut traduire par : celui qui a droit de cité, qui est admis à user de certains droits dans la cité. C'est un statut social et juridique. Pour les Grecs, inventeur de la Démocratie et de la République, la cité, plus que le territoire géographique, désignait l'ensemble des gens qui agissaient de concert, étaient capable de s'assembler pour traiter des problèmes les concernant (lois, guerres, justice, administration).

A cette organisation linéaire du pouvoir politique, s'oppose, dans le reste de l'Europe, une organisation beaucoup plus pyramidale et hiérarchisée dans laquelle seule une petite élite détient tous les pouvoirs. Pas question ici de citoyens mais- dans les royautés qui se sont succédé jusqu'au XVIIIe siècle- de sujets. Dans cette conception royaliste, l'homme est passif dans le traitement des problèmes concernant le « vivre ensemble ».
Ça n'est, en France, qu'à partir de 1789 que le mot citoyen va être utilisés pour désigner tout homme vivant en France, sans notion de hiérarchie, d'appartenance à une catégorie sociale. Il sera utilisé 10 fois dans le texte de la DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789 , notamment dans les articles 6, 7,11, 13 et14.

À la lecture de ces articles, on constate qu'en 1789, l'esprit de la révolution est totalement égalitaire et non discriminatoire.Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté .

  • Le citoyens a le droit de participer à la construction des lois.
  • Aucun emploi public ne peut lui être refusé si il y a « les vertus et les talents » nécessaires pour les tenir.
  • Il a le droit de s'exprimer librement.
  • Il a aussi des devoirs, notamment celui de contribuer au financement du fonctionnement de la nation, dans la mesure de ses moyens.
  • Mais là encore il a le droit, sans intermédiaire, de vérifier que cette contribution est nécessaire ainsi que de régler les modalités de recouvrement et de durée de cette contribution.

À partir du milieu du XIXe siècle, le concept de nationalité va considérablement modifier les conditions d'attribution de la citoyenneté. Nous en retrouvons encore, à l'heure actuelle des traces extrêmement prépondérantes. Dans la France actuelle, pour prétendre à être un citoyen français, il ne suffit pas d'habiter en France, ni d'y être né, mais il faut désormais répondre à plusieurs critères essentiellement juridiques :

il faut détenir la nationalité  française et jouir des droits civils et politiques (ex : droit de vote) qui s'y rattachent. Il faut également être un individu majeur. Ce qui exclut d'emblée de la citoyenneté les mineurs, les majeurs sous tutelle et personne déchue de leurs droits par les tribunaux. A condition de rassembler tous ces critères et d'accepter de relever de la protection et de l'autorité d'un Etat, dont il est un ressortissant, un citoyen bénéficiera de droits civiques et politiques et devra accomplir des devoirs  envers l'Etat (ex : payer les impôts, respecter les lois, remplir ses devoirs militaires, être juré de Cour d'assises...).  Il pourra donc jouir d'une citoyenneté  qui lui assure l'égalité des droits avec les autres citoyens, et éventuellement faire preuve de civisme

État des lieux

Sans remonter à la période grecque, force est de constater qu'entre l'esprit de la révolution de 1789- qui reconnaissaient que "Liberté et égalité sont des droits inaliénables du citoyen et les piliers de sa citoyenneté" - et la citoyenneté limitée que nous connaissons actuellement, le rôle du citoyen a été considérablement restreint.

1) Il n'est plus participant dans le débat démocratique, qui se déroule le plus souvent par écran télévisé interposé et uniquement au sein de la classe politico-technico-médiatique.

Il ne participe que très sporadiquement aux décisions politiques- par la biais de référendum dont il ne maitrise que très peu le contenu, l'initiative et l'application- qui le concernent et impactent sa vie quotidienne.

2) La forme juridique et la durée du mandat représentatif excluent tout pouvoir de contrôle et d'interaction du citoyen avec le mandataire. De fait une fois élu pour 5 à 6 ans, le mandataire agit au nom de la souveraineté Nationale, décide en son âme et conscience et est seul juge de l'intérêt du plus grand nombre.

3) il est difficile pour de très nombreux citoyens d'accéder librement aux différents lieux de décision. Que ce soit des lieux de préparation ou de délibération de décisions administratives ou législative, le citoyen est totalement "interdit de présence et de prise de parole ou de contrôle".

4) La représentation politique est l'apanage des classes sociales- les plus nanties économiquement et culturellement - de la société. L'exercice de la Souveraineté ne se fait que par et pour les classes sociales nantis, les classes défavorisés se voient dépossédées, de fait, de l'essence de leur existence citoyenne, au sens politique et non juridique du terme.

Exclus du débat politique, exclus de la Souveraineté qui pourtant s'exerce en leur nom, exclus de la préparation du vote et du contrôle des lois, comment dès lors s'étonner que 56% des citoyens n’exercent plus leur droit de vote, 56% des citoyens ne s’intéressent plus à être représentés, ne font plus confiance à la représentation élue pour répondre à leurs aspirations et pour résoudre les difficultés de la vie. Comment s'étonner de l'abstention politique croissante des groupes les plus fragiles de la société (catégories populaires, jeunes, chômeurs…)

Citoyen, Démocratie, Politique, République sont les éléments d'un système de "vivre ensemble" dont chacun des éléments doit parfaitement tenir son rôle pour que le système fonctionne de façon optima. Or on constate:

a) une atrophie de l’idéal démocratique
Les sociétés modernes à partir de la fin du XVIIIe siècle ont opéré une “atrophie de l’idéal démocratique” (C. Colliot-Thelene, « L’ignorance du peuple »). Ce faisant, elles ont considérablement limité restreint le champ d'intervention et les marges de manœuvre du citoyen dans la résolution des problèmes qui le concerne.

Je ne prendrai qu'un exemple pour illustrer ce constat: la participation directe et personnelle du citoyen aux décisions et à la formation de la loi telle qu'il est écrit dans l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 :

"La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation."

À bien y regarder, cet article 6  stipule clairement que les citoyens ne doivent pas obligatoirement passer par l'intermédiaire de leurs représentants pour concourir à la formation de la loi. Malgré cela, depuis plus de 200 ans, toutes les lois qui régissent la société française ont été votées uniquement par des représentants (qui tous ne sont pas élus au suffrage universel). Élire un monde un représentant est l'unique moyen, pour un citoyen, de concourir à la formation de la loi.

b) Un dévoiement de la définition de l’intérêt général
Jusqu'à il y a environ 30 ans, l’État pouvait se prévaloir  du monopole de la définition de l’intérêt général parce que partis politiques et syndicats, qui représentaient les citoyens dans les instances de décision et exerçaient un contre pouvoir, avaient un fort nombre d'adhérents. Aujourd'hui, on constate  un affaiblissement croissant de ces organisations avec comme conséquence palpable la montée en puissance de corporatisme et de lobbys économiques, culturels qui acquièrent chaque jour d'avantage de pouvoirs d'influence sur les décisions de l'Etat.

Pire même, l'Etat, par l'intermédiaire du gouvernement entrave les référendums d'initiative populaire, qui permettrait aux citoyens de concourir à la formation de la loi. La médiocre tentative faite par Nicolas Sarkozy et le Parlement français de créer - en y mettant des conditions draconiennes et peu réalistes - un référendum d'initiative populaire, votée par le Parlement, ne bénéficient toujours pas d'un "décret d'application". Ce qui ont dit long sur la volonté de l'ensemble de nos représentants de ne pas respecter cet article 6 de la constitution !

c) Une conception « minimaliste de la démocratie » et par conséquent de la consultation du citoyen.
Notre système électoral  exclut la participation des citoyens à l’exercice du pouvoir et du contrôle de cet exercice alors même que  le sens de la Démocratie implique au contraire la participation active et quasi permanente du citoyen à chaque étape du processus de décision et de résolution des problèmes qui le concernent.

Dans la conception actuelle de l'organisation politique, le citoyen est la plupart du temps passif et sa participation au traitement des problèmes ne se concrétise épisodiquement qu'au moment d'élections " généralement bipolaires sans réels enjeux. " et/ou lorsqu'il faut payer l'impôt ou les taxes finançant les décisions politiques gouvernementales.

Entre la citoyenneté directe de la Grèce antique et la citoyenneté que nous connaissons actuellement sont venus s'interposer différentes strates d'intermédiaires et d'institutions qui coupent totalement le citoyen de la décision qui le concerne, réduisant le plus souvent son rapport à la loi, à la Res Publica, à un rapport de soumission. L'obligeant à une forme pernicieuse de soumission volontaire.

On peut, comme le fait Denis Duclos ( "Une nouvelle caste planétaire" - in Manière de voir n°99, Juin-Juillet 2008) s'inquiéter qu'une " métamorphose du libéralisme en autoritarisme s'annonce depuis 1989. Un dispositif de contrainte et de hiérarchisation s'esquisse, analogue à celui des anciens empires. Nous entrons dans un règne qui vise, comme jadis à parachever son hégémonie par l'exaltation des fantaisies des puissants, l'abaissement de citoyens libres et l'écrasement des indigents."

Mais le constat brutal s'impose : La politique n'est plus l'affaire du citoyen, la souveraineté ne s'exerce plus en leur nom.

Pistes de solution

Dès lors, l’enjeu est bel et bien , si nous voulons vivre en République, dans un système démocratique et non sous un régime monarchique ou dictatorial, la recherche de dispositifs neufs permettant d’enrichir et d’élargir la participation politique.

Parmi les solutions qui peuvent être mises en place on peut envisager, tout en étant conscient des freins au changement qu'on rencontrera tant du côté du personnel politique que des citoyens, de :

Former le citoyen
- tout au long de sa scolarité , le former au débat contradictoire ET étayé, l'analyse systémique, éventuellement aux stratégies d'acteurs et l'informer sur son rôle, sa fonction, les différentes institutions qui gèrent le pays, comment y accéder,
- pour les adultes qui n'ont pas bénéficié de cette formation, organiser des cessions en prenant, comme pour la formation syndicale, sur le temps de travail.
Attention, il ne s'agit pas de former au militantisme partisan mais de doter le citoyen d'outils qui lui permettent de participer pleinement et en toute intelligence à la prise de décision.

Favoriser la participation citoyenne au débat politique 
- multiplier les lieux où le déploiement de la délibération démocratique élargie sera possible,
-encourager par des aménagement de temps civique pris sur le temps de travail, la participation du plus grand nombre à des discussions portant sur des choix collectifs
Favoriser la participation citoyenne au processus décision politique
  - créer un corps d'auditeurs des institutions nationales, tirés au sort parmi les citoyens inscrits sur les listes électorales et non dépositaires d'une mandat électif, d'une mission de service public.
- introduire à tous les échelons des institutions décisionnaires ( conseil municipaux, régionaux, commissions parlementaires, etc;) un quota ( 1/4? ) de citoyens tirés au sort chargés de valider ou d'invalider les décisions prises.
Limiter l'hégémonie d'une caste de politicien sur les mandats électifs et la haute administration
- réduire le renouvèlement des mandats électifs à un maximum de 1 renouvèlement du même mandat sur toute la durée d'une vie.
-exclure la possibilité de faire carrière en politique en interdisant d'exercer plus de 2 mandats électifs sur toute la durée d'une vie.
- exclure constitutionnellement le cumul des mandats électifs.
- revoir les modalité de nominations à des postes de contrôle de l'Etat ( cour des comptes, conseil constitutionnel, CSA, CNIL, etc.) en introduisant - imposer l'élection au suffrage universel direct pour tous les mandats électifs. Il est anormal que le Sénat, par exemple, soit constitué de membre cooptés par les élus municipaux et départementaux qui ne représentent, somme toute, que l'administration territoriale du pays!
- sanctionner durement ( inéligibilité à vie, engagements de leurs fortune personnelle) les élus qui ont agi à l'encontre de la loi ET de l'intérêt général.
Etc....

Bien entendu toutes ces solutions ne sont qu'une ébauche et on peu en trouver bien d'autres. Mais le but est bien de faire en sorte que le citoyen devienne bien plus que la machine à voter conditionnée par les médias, qu'il est actuellement.

Et vous, que pensez vous de tout ça?

Info citoyenne: Dans le cadre des débats pour la primaire socialiste, nous vous invitons à participer au sondage #themaPS12 . Il s'agit , pour vous, de notez votre intérêt pour ces grandes thématiques de programmes électoraux

Sources: Cliolamuse; La Toupie; Assemblée Nationale; Wikipédia; Vie Publique

Mots clés Technorati : ,,

Sondages: L'échantillon national représentatif de la population française n'existe plus !

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour donner un semblant de vernis scientifique à leurs sondages, beaucoup d'instituts, la loi les y obligeant, précisent que l'échantillon de populations qui a été sondé par eux est un “échantillon national représentatif de la population française”.

Or cela m'énerve au plus haut degré, car il est impossible, en France, de nos jours, même à un génie mathématique, de constituer un échantillon représentatif de la population française. Il n'entre pas dans mon propos ici de vous bassinez avec la théorie des échantillons statistiques, ni de vous faire un long discours sur les différentes écoles qui s'y réfèrent.

Il suffit de savoir qu'un échantillon représentatif doit être tel que toutes les personnes faisant partie de la population mère ont la même probabilité de faire parti de l'échantillon (définition statistique pure). Hormis cette approche rigoureuse, on peut éventuellement, dans la pratique, limiter la représentativité à une représentativité structurelle qui doit faire en sorte que l'échantillon sondé soit fidèle aux caractéristiques de la “population mère”.

Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, il est absolument nécessaire de connaître les moindres détails quantitatifs et qualitatifs de la population de référence, à savoir la « population mère ».

Pour faire simple, c'est un peu comme si vous décidiez de faire un sondage en tirant, dans un sac opaque,10 billes dont vous ignorez, avant le tirage, de quel poids, couleur, matériaux elles sont et la quantité de billes que contient le sac. La seule chose que vous savez c'est qu'il y a des billes dans ce sac.

Alors, imaginez que vous tirez 10 billes rouges.

Pouvez-vous pour autant en conclure que le sac ne contient que des billes rouges? Il se peut pourtant qu'au fond du sac il y ait des billes bleues. Ça n'est qu'en retournant le sac que vous saurez avec certitude, en le constatant visuellement, si votre échantillon représente bine la réalité de la population  de billes contenues dans le sac.

Et si parmi ces 10 billes rouges, quatre sont des agates et les six autres des billes de terre, pouvez-vous honnêtement en conclure que 40 % des billes du sac sont des agates et 60 % des billes du sac son des billes de terre? Non bien sûr puisque vous ne savez pas si il y a REELLEMENT 100 billes dans le sac!

Je pourrais multiplier l'exemple à l'infini. Mais mon propos est de vous faire comprendre l'importance de connaître parfaitement la "population mère" si l'on veut que l'échantillon, sur lequel on va enquêter, soit réellement représentatif.

Or, nos instituts de sondage ont beau prétendre que leur échantillon est représentatif de la population française, il n'en est absolument rien.

Pour la bonne et unique raison qu'à l'heure actuelle, en France, depuis 2004, ce ne sont plus des recensements individuels des habitants de la France- effectués en tête-à-tête, par des agents recenseurs, pendant la même période - qui permettent d'établir avec certitude et précision comment se répartit la population française. Avant 2004, les agents recenseurs pouvaient aisément constater de visu que les renseignements portés sur la feuille de recensement correspondait très éclatement aux dires de la personnes recensées. Ce qui donnait indubitablement une grande fiabilité aux fichiers nationaux de l'INSEE.

Malheureusement, ce;  Comptage minutieux a été abandonné par l'INSEE au profit de sondage et d'estimations statistiques. De fait, il est désormais impossible de savoir à l'unité près comment se répartit la population française, et quelles sont ses caractéristiques. Ce qui implique que la « population mère » de référence de tous les instituts de sondage n'est pas fiable à 100 %.

L'échantillon construit par les organismes de sondages devant refléter les dites caractéristiques de la population réelle, je serais curieuse de savoir par quel miracle, ne connaissant plus la population réelle dans son degré le plus fin, on peut prétendre avoir un échantillon représentatif.

Il serait également intéressant de savoir quel coefficient de pondération est apporté pour corriger cette imprécision au sujet de la « population mère ».

On le voit donc, les sondages - basés actuellement sur un échantillon  d'une population mère dont on ne connaît absolument pas les caractéristiques- ne peuvent absolument pas se prétendre construits sur un échantillon représentatif de la population française.

C'est pourtant ce que faut Brice Teinturier, directeur général délégué de l'Ipsos-France, dans une analyse publiée par le Nouvel Observateur, le 14 septembre.

Pour son plus grand malheur, Brice Teinturier, croyant probablement donner un vernis de sérieux à ses propos, affirme que la technique qu'il utilise pour effectuer des sondages sur la primaire socialiste est “ancienne et largement éprouvé”. Certes, mais il oublie de dire ce que je viens de vous apprendre. La population mère dont est issu l'échantillon sondé n'est pas représentative à 100 % de la population française. Elle ne peut absolument plus l'être:

  • puisqu'il n'y a pas de recensement individuel des français
  • puisqu'on ne sait plus combien il y a réellement d'hommes et de femmes en France,
  • puisqu'on ne sait plus précisément comment se répartissent les âges de la population française,
  • etc..

Il peut essayer tant qu'il veut de noyer cette réalité avec des explications pléthoriques sur la façon de faire le tri parmi les personnes sondées, ça ne change rien au fait qu'on ne sait pas si, dans son échantillon,  il y a trop ou pas assez d'ouvriers, trop ou pas assez de femmes, etc., simplement parce qu’on ne sait pas exactement combien il y a d'ouvriers, de femmes, en France, aujourd'hui, en 2011.

À noter, pour l'anecdote, que Brice teinturier, dans cet article du Nouvel Observateur, semble frappé d'anosognosie. En effet, il prétend qu'aucun sondage n'a été réalisé par un quelconque institut à l'occasion de la primaire d'Europe Ecologie Les Verts, «puisque cette primaire était réservée à des adhérents et que personne n'avait accès à leur fichier?!»

Et pour le coup c'est à mon tour de rester pantoise.

Comment ça,"Aucun sondage n'a en effet été réalisé par un quelconque institut" pour essayer de déterminer qui est allé gagner cette primaire ?

Il y a eu très exactement quatre sondages effectués entre le 3 février 2011 et 18 juin 2011 au sujet de la primaire d'Europe Ecologie Les Verts!

Que M. Brice Teinturier se sente investi de la mission de défendre la branche sur laquelle il est assis, humainement, ça peut se comprendre.

Mais que, pour ce faire, il bascule en plein déni et demande qu'on ne casse pas son gagne-pain, en le critiquant, il y a là matière à douter fortement de la bonne qualité du travail effectué par les instituts de sondage que ce monsieur défend.

Et sachant qu'ils savent parfaitement:
- que leur échantillon n'est absolument pas représentatif de la population française, pour les raisons que je viens d'énoncer,
- que leurs échantillons ne sont en rien un sous-ensemble de la réalité
- que les résultats du sondage ne peuvent en rien être assimilés à ce que donnerait une enquête à grande échelle auprès de chacun des éléments de la « population mère ».

Il me paraît plus judicieux pour eux d'admettre une bonne fois pour toutes que leurs sondages ne sont, tout au plus, que des sondages probabilistes et hasardeux - n'oublions tout de même pas que ce qui est probable n'est pas pour autant possible - dont on ignore totalement si les estimations ne dépasseront pas un niveau acceptable d'erreur - la statistique étant une "science" qui peut uniquement permettre de fixer des limites vagues à l'incertitude".

Bibliographie : Modélisation statistique appliquée aux sciences sociales - Pascal Bressoux 

Source : Université de Rennes ; INSEE; le Nouvel Observateur ; Google

dimanche 11 septembre 2011

C’est quoi, un comité citoyen?

Dans le "Contrat avec la Nation"  que Ségolène Royal a présenté samedi 10 septembre 2011, lors de son meeting de Montreuil, on peut lire au paragraphe 2 :

"Pour refonder la démocratie, je m’engage à consulter la Nation chaque fois que l’intérêt supérieur du pays l’exigera. Le référendum d’initiative citoyenne sera instauré et des comités citoyens encouragés. "

Si nous commençons à être nombreux à savoir ce qu'est ce que devrait être un référendum d'initiative citoyenne, nous sommes manifestement plus nombreux à ignorer ce qu'est un comité citoyens.

Nos amis québécois connaissent parfaitement l'appellation comité citoyens, mais en France le législateur a préféré parler de comités de quartier ou de Comité d'intérêt de quartier (CIQ), ou d'Association d’habitants, et Comité d'intérêt local (CIL).

I- Fonction, mission et rôle des comités de quartiers:

C'est la loi dite "Vaillant " n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, Art. L. 2143-1 qui fixe, pour les communes de plus de 80 000 habitants, le cadre législatif de la création de comités de quartier.  Leur création est facultative dans les communes de 20 000 à 80 000 habitants.

La loi Vaillant définit les comités de quartier comme " une instance consultative ayant vocation d’impliquer le plus largement possible la population concernée par une décision donnée.".L'instauration de comités de quartier dans toutes les villes de France n'est pas imposée par la loi. En réalité, très peu de communes se sont dotées de comités de quartier. Il en existe cependant, sous des appellations différentes, à Tours, La Rochelle , Épernay , Toulon , Lyon, Marseille ou Épinal.

Ces comités sont des associations à but non lucratif, qui servent d'interface entre les habitants d'un quartier et les élus locaux (conseillers municipaux, maire, député de la circonscription ou se trouve le quartier). Dans le fonctionnement général des communes, les comités de quartier n'ont aucun pouvoir décisionnaire et leur rôle se résument très (trop) souvent un rôle consultatif.  Ils peuvent être consultés par le Maire pour tout type de problématiques et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la politique de la ville.Un rôle consultatif lui-même très restreint dans la mesure où les conseillers de quartier ne sont pas éclairés par des avis d'experts.

En termes d'activité, les comités de quartier s'occupent particulièrement des questions d'intérêt général tel que la circulation dans le quartier, la propreté des espaces communs, les questions de voisinage, etc..

Rien n'empêche une commune d'encourager ( en créant par exemple un fonds spécial destiné à financer les projets des comités de quartier) et de soutenir financièrement les initiatives portées par les conseils de quartier. La ville de Lyon, par exemple, met à la disposition des conseils de quartier un dossier intitulé : « appel à projets en faveur des initiatives des conseils de quartier »

Comme vous pouvez le constater, en France - pays de la bureaucratie sublimée- l'initiative citoyenne est totalement bloquée, le comité de quartier représente plus la plus petite émanation du pouvoir administratif qu'une réelle instance citoyenne de décision et de contrôle des décisions. La création, la composition, les missions et la création de conseils de quartier sont entièrement contrôlée par le pouvoir politique, contrairement au Brésil, au Québec et à d'autres pays où se développent des comités citoyens d'initiative populaire apolitique.

Ceci explique peut-être quoi de nombreux citoyens français ignorent totalement que de telles instances existent dans leur commune. Et l'on comprend, notamment dans les propos de Philippe Breton, Chercheur au CNRS, pourquoi, pour les communes de plus de 80 000 habitants-  après la loi du 27 février 2002,  le bilan de mise en œuvre   est on ne peut plus mitigé.

II- Un bilan mitigé

Il est important de noter dès maintenant que l'idée d'élargir à l'ensemble des citoyens la participation à la prise de décision est perçue très favorablement par la population française. Le désintéressement, voir le mécontentement, des citoyens au sujet des comités de quartiers porte essentiellement sur leur fonctionnement.

1) des conseils de quartiers phagocytés.

La loi  du 27 février 2002 indique que c'est le conseil municipal qui, dans les communes de plus de 80 000 habitants," fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement des conseils de quartier." En réalité, les membres des conseils de quartier sont souvent désignés par le pouvoir politique municipale. Les conseils de quartier apparaissent alors comme des représentants de la municipalité et non plus comme des représentants des habitants des quartiers ce qui est vide totalement de sa substance démocratique l'esprit de la loi du 27 février 2002 !

Autre problème qui dénature l'esprit de la loi du 27 février 2002 : force est de constater que de nombreux comités de quartier ont été phagocytés par des notables, représentant des associations installées dans le quartier (soupçonnés de n'être présents dans l'association de quartier que pour défendre leurs propres intérêts) ou par des habitants qui se révèlent en fait être très proches politiquement de certains élus, transformant ainsi le conseil de quartier en lieu de manœuvres politiques.

Mais le problème ne se limite pas au mode de nomination des conseillers de quartier, il s'étend aux missions et pouvoir fondamentaux des conseils de quartier.

2) des pouvoirs dérisoires, une formation incomplète

La création des conseils de quartier visait à fluidifier les rapports entre le politique et les habitants et surtout à développer un véritable esprit démocratique dans les quartiers. Mais, rappelons le, les conseils de quartier n'ont qu'un pouvoir consultatif. Ce qui fait qu'un maire peut parfaitement, en cas d'opposition du conseil de quartier à un de ses projets, passer outre et faire voter son projet par le conseil municipal. Certes, un tel comportement peut générer du mécontentement chez les habitants du quartier. C'est pourquoi, quelques maires indélicats essaient de contrôler les conseils de quartier (notamment faisant nommer des "hommes de paille" au conseil de quartier) et de s'assurer de leur part des avis consultatifs toujours positifs.

La mise en place depuis plus de 30 ans de ses comités de quartier montre que les conseils de quartier sont le plus souvent consultés sur des dossiers complexes sans être informé par des experts et ne bénéficient pas d'une réelle indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Dés lors, il leur est extrêmement difficile de se positionner fermement et de façon argumenté sur des problématiques qui impactent pourtant les habitants du quartier.

3) Une initiative citoyenne bridée

La loi  du 27 février 2002 a très certainement donné beaucoup trop de poids au conseil municipal , aux maires,et pas assez aux citoyens pour décider de la représentativité au sein des conseils de quartier.

Pourquoi ne pas laisser à une assemblée générale des habitants du quartier le soin de composer, par le biais d'une élection, l'équipe des membres du conseil de quartier ?

Une autre solution consisterait à désigner les membres du conseil de quartier par tirage au sort en se basant sur les habitants inscrits sur les listes électorales des bureaux de vote du territoire du quartier.

III- Des pistes de solutions

Les élus qui tentent d'entraver le processus décisionnel démocratique ne sont ni contrôlés ni sanctionnés. Il me paraît intéressant d'envisager des dispositifs “pénalisants”, pour que cessent ces pratiques.

Partant de là, on peut envisager que ce soient les conseils de quartier, leur pouvoir étant élargi au contrôle et à l'arbitrage des décisions municipales, qui arbitrent les litiges entre les décisions du conseil municipal et le résultat de la consultation des habitants d'un quartier. Il faudrait pour ce faire que le conseil de quartier est un pouvoir d'audition des parties concernées et un pouvoir de décision.

Bien entendu, un conseiller de quartier ne pourrait en aucun cas faire parti du conseil municipal ni d'une des institutions ou des entreprises parties prenantes dans la décision.

Pour que les habitants soient totalement informés des processus de décision qui les concernent, les séances de travail des conseil de quartier devraient obligatoirement être publiques.

C'est en substance ce que propose Ségolène Royal lorsqu'elle parle de comité citoyens.
On trouve sur le site Désir d’Avenir  un projet de mise en place de comités communaux des citoyens. En voici l’essentiel:

  • La création de ces comités serait laissée à l'initiative des communes mais les membres des comités seraient désignés par tirage au sort
  • Les fonctions de ces comités seraient élargies par rapport à celle des l'actuels conseils de quartier. Les comités de citoyens seraient associés avec les Cour des Comptes pour effectuer le contrôle du fonctionnement des assemblées et organismes publics est d'intérêt public au niveau territorial.
  • Ils auraient également une fonction d'enquête, d'études et d'avis.
    Il s'assurerait auprès des citoyens une fonction de relais et d'information pour tout ce qui touche au débat public.
  • Les membres des comités communaux de citoyens ne pouraient exercer qu'une seule fois ce mandat. Ils seraient formé aux droits et devoirs du citoyen et au contrôle démocratique. Ce mandat seraient assujettis à des droits et à des devoirs, notamment celui publié un compte rendu de son mandat

Conclusion

On le voit bien, le désintéressement des citoyens vis-à-vis de cette instance démocratique porte plus sur la forme que sur le fond. La question à laquelle il faut désormais répondre est la suivante :

Comment, en respectant la lettre et l'esprit de la loi, rendre les avis du conseil de quartier à la fois indépendant du pouvoir politique, suffisamment étayées par des expertises de toute nature, est réellement représentatif de la volonté des habitants du quartier?

Ségolène Royal est une des rares candidates à l'élection présidentielle de 2012 à répondre à cette question.

il me semble plus judicieux, à une époque où le taux d'abstentionnistes va grandissant à chaque consultation électorale, à une époque où d'aucuns prétendent résumer le bulletin de vote ou simple rôle du pompom d'une pompom girl, à une époque où les Français sont de plus en plus indignés de constater à quel point l'oligarchie française les exclus chaque jour davantage de la Démocratie, il me semble plus judicieux, plutôt que de ricaner aux propositions de Mme Royal, plutôt que de chicaner sur son appartenance réelle à la gauche, plutôt que, telle la moule accrochée à son rocher, de se cramponner à une hypothétique révolution qui sera inexorablement récupérée par ceux qui ne veulent en aucun cas qu'enfin le pouvoir s'exerce au nom du peuple, par le peuple et pour le peuple, il me semble donc plus judicieux de reconnaître que cette idée de comité citoyens, que Ségolène Royal développe, est une excellente solution républicaine et démocratique, parfaitement adaptée aux graves problèmes de déficit d'exercice démocratique que rencontrent les citoyens français.

Sources: le site de Ségolène Royal ; Intox2007; Ville de Lyon ; Argumentation ; Désir d’Avenir ; Google

jeudi 11 août 2011

Les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

En regardant, depuis deux jours, les images des émeutes qui ont lieu en Angleterre, et surtout en écoutant les commentaires des hommes politiques, qu'ils soient britannique ou  français, il m'a paru de plus en plus évident  que, soit nous avions à faire à une bande d'incapables , soit nous étions face à des individus de très mauvaise foi . La palme de la mauvaise foi revenant au vice-premier ministre Nick Clegg, qui a qualifié les émeutes auxquelles nous avons pu assister à de la "violence gratuite et du vol opportuniste, ni plus ni moins".

Certes il est bien plus facile pour lui d'instrumentaliser à son profit le "choc" des images et de faire dévier le débat de fond sur des questions d' effectifs policier ou de stratégie de Scotland Yard ou sur des questions de sémantique du genre "manifestation ou émeutes?".  Il est vrai que face à ces images d'entrepôts en flammes, de vitrines brisées, de magasins pillés, il était facile botter en touche, et de ne pas remettre en cause un seul instant les décisions politiques qu’il a prise, entrainant la méfiance et le ressentiment  de certains habitants de quartiers défavorisés,  et leurs conséquences pour les plus démunis !

Il se pourrait, cependant, qu'enferrée dans sa logique néo-libéral, la classe médiatico-politique anglaise, jumelle de la classe médiatico-politique française au pouvoir, ne veuille pas comprendre que la politique qu'elle mène ( et soutient) depuis plus de 30 ans , entièrement dédiée au système financier et à sa seule prospérité, génère bon nombre de frustrations  au sein des populations. Frustrations qui peuvent très vite, et sans qu'on sache exactement pourquoi, dégénérer en révolution ou en émeutes sporadiques

Il est édifiant d'observer le vocabulaire utilisé par la majorité des grands médias pour qualifier les évènements du week-end passé : «zones de guerre»,. «Règne des gangs», «Les brutes dominent», «l'anarchie en Grande-Bretagne», «descente aux enfers». «un été de non-droit», «crétins incendiaires». Manifestement, il était de bon ton, dans les médias anglais, de faire "monter la mayonnaise"... Pensez donc, commettre un tel crime contre la société de consommation, s'apparente chez certains de nos contemporains à un crime de lèse-majesté  !

Seul signe de lucidité dans cette cacophonie de libéraux indignés et irresponsables, la voix de l'éditorialiste Mary Riddell, dans The Daily Telegraph  :

«Ce n'est pas une coïncidence si ces troubles éclatent alors que l'économie globale est au bord de la chute libre…Nos gouvernements successifs ont tous leurs responsabilités dans le développement de la pauvreté, des inégalités, de l'inhumanité, désormais exacerbés par la tourmente financière … Une partie de nos jeunes a basculé de l'autre versant de notre nation en ruine».

En Angleterre comme en France, quelques esprits plus affutés ont remarqué la propension des jeunes émeutiers à se précipiter dans les temples de la consommation, donnant ainsi la preuve de que leur mouvement n'avait rien de révolutionnaire, dans le sens où il n'entendait clairement pas s' attaquer à la cause de leurs problèmes. On se retrouve donc avec une génération entière de " lumpen à la fois enragés de leur exclusion et ne possédant pas les outils conceptuels pour la canaliser vers les vrais ennemis" ;

Mais rares sont ceux qui se sont interrogés sur la méthode utilisée et ont osé s'attarder sur la technique du pillage.. Elle est pourtant extrêmement signifiante.

Piller, c'est prendre à d'autres, de façon violente, ce qui leur appartient.

A ce titre, depuis plus de 30 ans, nous assistons tous, impuissants, à un pillage systématiques de nos économies, de nos acquis et il me semble que les jeunes des banlieues sont à bonne école. Il ne se passe pas un jour, dans notre monde libéral sans que n'éclate une affaire, au détour de laquelle on apprend que tel élu, ou corporation, a abusé de biens sociaux , a voté une loi pour ceux là même qui alimentent ( plus ou moins légalement) sont parti politique, à favorisé tel ami ou parent, est payé à ne rien faire....veut  ( ou obliger à) brader le patrimoine commun, voir même le pouvoir conféré aux Etats, avec la complicité de leurs dirigeants. Bref piller les Nations!

Oh certes, ce pillage est nettement plus discret que celui des jeunes émeutiers anglais... mais il n'en est pas moins un pillage violent.

N'avons-nous pas tous pu assister, au sauvetage des banques - qui sont en grande partie responsables des situations catastrophiques dans lesquelles bon nombre de citoyens se retrouve aujourd'hui - sans qu'aucune condamnation, peines de prison, sanctions ne leur soient appliquées? Plus fort encore, c’est à nous qu'on présente l'addition !

Et on voudrait que des jeunes gens et des jeunes filles, qui ne sont pas plus bêtes que nos banquiers, ne comprennent pas que le pillage peut se faire en toute tranquillité dans la mesure où on est en position de force?

Alors je trouve parfaitement hypocrite que les mêmes qui poussent des cris d'indignations et ne trouvent pas de mots assez forts pour stigmatiser les émeutiers, se tiennent coits et  détournent le regard quand ce sont les plus riches d'entre nous qui se livrent au pillage.Est-ce à dire que pour eux, le pillage est plus acceptable quand il se fait, à l'abris des regards, en toute discrétion?

Je trouve pitoyables nos compatriotes qui soulignent l'origine ethnique de ses jeunes banlieusards. Est-ce à dire que pour eux, il est plus supportable de se faire piller par quelqu'un qui a une peau blanche ? Est-ce à dire que pour eux, seuls les riches ont le droit de se livrer au pillage ?

Préfèrent-ils la technique du pickpocket de nos millionnaires à la technique de francs-tireurs des jeunes de banlieues?

Parviendront-ils un jour à comprendre ce que nous sommes désormais très nombreux à avoir compris et que si, comme l'ont très bien dit les « indignados » de Madrid, nous manifestons notre indignation c'est que : « nous ne sommes pas contre le système, c'est le système qui est anti-nous »…

Comprendront-il un jour que les pauvres se livrent au pillage, mais les riches aussi. Seulement, ils le font plus discrètement!

Sources : Le Monde  ; le Figaro  ; The Guardian  ; The Independent  ;The Daily Telegraph  ; Le Courrier International  ; le Nouvel Obs ; la Tribune ; comité de salut public  ; le Parti de Gauche  ; Piratages

 

mercredi 3 août 2011

Chassez les privilèges, ils reviennent au galop!

Dans la nuit du 4 août 1789, pendant la Révolution Française, l'Assemblée Nationale a aboli les privilèges du clergé, de la noblesse et des corporations. Ces privilèges se concrétisaient le plus souvent par des droits issus du régime féodal. Droits qui donnaient à leurs possesseurs des avantages financiers mais aussi  la mainmise exclusive sur les terres et un pouvoir discrétionnaire sur les hommes, les femmes et les enfants.
Aujourd'hui, 4 août 2011,le "grand patronat", les investisseurs financiers, la classe politique et certaines corporations disposent de privilèges , de prérogatives, tout aussi importants, dérogeant ainsi Gravement à l'article 9 du Décret relatif à l'abolition des privilèges .

Art. 9. Les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et de la même forme.

Les nouveaux privilèges exonèrent leurs bénéficiaires de contribution financière  à l'effort public d'entretien de L'État, privant ce dernier de recettes financières qui pourraient lui permettre d'accomplir aisément sa mission première et de respecter les principes politiques, économiques et sociaux tels que décrits dans le PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946…

Mais on observe également une forme plus ou moins de privilèges, notamment dans le traitement des affaires judiciaires dans lesquelles des hommes et des femmes politiques sont accusées d'avoir contrevenu à la loi. On voit même des présidents de la république qui parvienne à s'exonérer totalement de toute responsabilité pénale ...

On constate aussi que, même si la loi encadre certaines décisions, seules certaines corporations peuvent les prendre. Par exemple, seul l'employeur peut licencier un salarié. Le salarié lui ne peut licencier son employeur...


Autant de privilèges qui contreviennent à nos lois et textes fondateurs


Tout ceci peut probablement s'expliquer d'une part par la mainmise de la classe moyenne supérieure sur les institutions républicaines, Parlement, partis politiques , hautes fonctions publiques, etc. .

Mais cela s’explique aussi par cette confusion entre le pouvoir royal et le pouvoir de l'Etat, et de ses représentant, qui va à l'encontre de la Démocratie.

Sous l'ancien régime, les rois ont très vite pris l'habitude d'accorder des privilèges  à la noblesse à fin, dans un premier temps, qu'elle apporte sa force militaire en cas de conflit, puis, dans un second temps, pour pouvoir avoir un moyen de pression quand la noblesse avait des velléités d'indépendance. La noblesse de robe et d'épée d'antan est remplacée par le conglomérat de la finance (Banques, assurances, actionnaires et investisseurs) et du patronat. Pour justifier les privilèges exorbitants qu'on leur attribue, l'argument de la compétitivité vient se substituer à celui de la force militaire qu'on utilisait pour justifier les privilèges de la noblesse. Mais l'amitié peut également jouer dans l'attribution de privilèges  On observera également que très souvent, de façon pas toujours subtile, ce conglomérat agite le spectre des délocalisations  , de la fuite des capitaux (Comme la noblesse d'antan agitait le spectre d'une rébellion ) pour obtenir toujours plus de privilèges.

L'église étant, grâce à son implantation dans le plus petit village du royaume, la principale alliée de la royauté, facilitait l'acceptation la toute puissance royale...  et les sacrifices qui en découlaient pour le ",  petit peuple", il coulait de source qu'elle devait également bénéficier de privilèges lui permettant de s'enrichir et de s'accaparer le fruit du travail des sujets du royaume. De nos jours, en caricaturant légèrement, on pourrait dire que le personnel politique a remplacé le clergé et, parce qu'il est implanté partout sur le territoire de la République, il va être le principal soutient de la "domination de l'État".

Mais que ce soit sous l'ancien régime ou de nos jours, on en arrive au même résultat: des individus, des corporations, sont exonérés de leur part de contribution à l'effort public, laissant tout le poids de ce dernier peser sur ceux qui, faute d’avoir suffisamment d'argent, de relations, ne peuvent obtenir de privilèges.

Force est de constater, comme le fait Paul Jorion que :

“221 ans après la nuit du 4 août 1789, des privilèges en droit demeurent et contribuent à créer un nouveau régime féodal.
Ces privilèges sont liés à l’utilisation et à la possession de l’argent et contribuent à constituer une nouvelle noblesse, la noblesse de l’argent, tout comme les noblesses d’épée et de robe ou le clergé jusqu’en 1789 avaient pu se constituer et exister par des privilèges.
Ces privilèges liés à l’argent doivent être détruit entièrement car ils remettent en cause les principes essentiels de la République française et de la démocratie ainsi que les droits naturels car « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.» (Art.1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).
Ces privilèges liés à l’argent ne sont d’aucune utilité commune.
Au contraire, ils desservent et délitent l’utilité commune.
Ces privilèges doivent donc être détruits entièrement et toute distinction sociale fondée sur ces privilèges combattue.”“

Et en cette nuit du 4 août 2011, je me demande si nous ne devrions pas abolir les privilèges...

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage!

Sources : la Toupie ; Google ; Paul Jorion ; le blog de Ségolène Royal ; Assemblée Nationale ; le Post ; le Monde ; Pour tout vous dire ; le blog de François Fillon ; Rue89 ; le bloc finance ; paroles de chercheurs

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