dimanche 30 mai 2010

Un "dispositif gagnant" pour faire gagner la gauche.

L'émission C Politique , animée par Nicolas Demorand, a été l'occasion pour Ségolène Royal de s'exprimer et sur de très nombreux sujets.

Outre le fait qu'elle a fermement défendu la mise en place d'un référendum d'initiative populaire pour que ce soit les Français qui décident de la réforme des retraites et qu'elle demande aux parlementaires de gauche de ce saisir au plus vite de la possibilité d'user des nouvelles dispositions légales concernant le référendum d'initiative populaire, elle a longuement expliqué le concept de « dispositif gagnant » qu'elle estime être le seul dispositif qui permettra à la gauche de gagner les prochaines élections présidentielles.

De façon claire, détaillée, elle a fixé en termes simples les différents axes de ce dispositif, ainsi que les conditions indispensables qui devront être remplies par tous ceux qui veulent atteindre l'objectif prioritaire : « se débarrasser de Nicolas Sarkozy » afin que "cesse cette politique inefficace, injuste, brutal et qu'il y ait un rapport de forces pour empêcher Nicolas Sarkozy d'aggraver la situation".

Tout d'abord, le dispositif gagnant ne doit pas consister uniquement en un ralliement à une personne mais bien à l'ensemble du dispositif gagnant qui s'articule autour de trois axes :

- 1 projet porteur d'avenir, qui permet aux Français de se projeter vers l'avenir, de se rassembler et d'unir leurs forces,

- Des appareils des partis politiques de gauche qui forment une équipe et que cette équipe soutienne fortement la personne désignée lors des élections primaires,

-Une personne désignée au moment des primaires soit capable de rassembler toutes les composantes de la gauche, les centristes humanistes et même les électeurs de droite déçus par la politique menée par le gouvernement actuel.

Très concrètement, Ségolène Royal reconnaît que ce projet gagnant, va nécessité un gros effort de discipline, de démocratie directe, de réalisme mais d'innovation et de créativité en matière de contenu du projet et qu'il nécessite plus particulièrement pour le Parti Socialiste :

- Un parti en ordre de marche, y compris pour l'organisation des primaires :

"Si le PS réussit à mettre en place les primaires, je pense qu'il aura réussi sa rénovation et qu'il aura la capacité de déclencher un mouvement se populaire dans le pays. Si ce mouvement populaire est déclenché autour du PS de calcul non pas autour d'une personne d'une équipe, mais autour d'un projet, la gauche gagnera ses élections."

- Un appareil qui soutient totalement le candidat ou la candidate désigné lors des primaires

"quel que soit le calendrier, le candidat désigné, il faudra que tous les socialistes soient rassemblés que le candidat et la candidate soit soutenue par tous. "

- Un projet porteur d'avenir:

"L'heure est au rassemblement. Le contexte politique économique de la France est difficile ... Je veux autre chose pour notre pays y. Tout le monde voit qu'il y a du potentiel dans notre pays ce que je veux aujourd'hui, mon désir c'est que la France ne tombe pas dans la résignation...Si le parti socialiste à la capacité de projeter les Français dans un choix de société du futur, "

- Un candidat ou une candidate qui est capable d'être au second tour est de rassembler de l'extrême gauche jusqu'aux centristes humanistes et aux déçus du Sarkozy.

"Je pense que pour renverser le pouvoir et il faut rassembler la gauche de la gauche, la gauche contestataire, les centristes humanistes et même tous les électeurs de droite et qui sont déçus par Nicolas Sarkozy"

Si ces conditions sont toutes réunies et respectées, Ségolène Royal "pense que si nous sommes capables de faire sa nous gagnerons l'élection présidentielle.Si les socialistes commencent à se disputer sur des dates, etc., alors l'élection présidentielle sera difficile à gagner. »

"Si nous ne sommes pas capables de faire ça, s'il y a à nouveau des discussions des discordes des conflits, un déficit démocratique à l'égard des Français, un manque de visibilité du projet, un déficit de méthode dans les primaires, alors l'élection présidentielle sera très difficile. Pourquoi ? Parce que la droite à tous les pouvoirs. Une est fort entrepris une très forte emprise médiatique, la puissance de l'argent. En face, la chance pour la France de gagner, c'est d'être rassemblé et uni derrière son candidat." A-t-elle précisé.

Certains ont cru, en survolant d'un « oeil distrait et d'une oreille étourdie » l'émission  C Politique , que Ségolène Royal abandonnait définitivement toutes les valeurs pour lesquelles elle se bat depuis plus de six ans. Que pour un portefeuille ministériel, elle était prête à « pactiser avec le diable ».

Il n'en est, bien évidemment, aucunement question tout au long de cette émission. Elle a tout simplement exposé d'une façon claire et sans ambiguïté la stratégie qu'elle pense être celle qui mènera la gauche à la victoire lors des élections présidentielles.

Elle a pris soin de préciser: "Je soutiendrai tout dispositif gagnant ...Je pense que si nous sommes capables de faire sa nous gagnerons l'élection présidentielle". Ce qui, bien évidemment, sous-entend que tout autre dispositif n'obtiendra jamais son soutien. Car si elle "préfère faire le sacrifice d'une ambition personnelle et voir la gauche gagner", un dispositif autre (qui ne permettrait pas le rassemblement des socialistes, qui ne serait que ralliement autour d'une personne et non pas d'un projet, qui ne permettrait pas de soutenir totalement le candidat ou  la candidate de la gauche) est inexorablement voué à l'échec.

Parler de ralliement est donc un non-sens, car si on détaille les conditions que Ségolène Royal  pose , il s'agit plutôt d'un soutien « SOUS conditions NON négociables », parce que fondée sur une réelle volonté d'infléchir la politique désastreuse que mène le gouvernement .

Tout est dans les nombreux détails que Ségolène Royal a apportées au "dispositif gagnant" .

Ségolène Royal a été limpide. Elle a montré qu'elle était solidaire avec le PS mais qu'elle n'abdiquerait AUCUN des points fondamentaux qu'elle défend depuis maintenant 6 ans.

Enfin, j'ai comme l'impression que son adhésion sera aussi soumise à ce que vont faire les parlementaires , dans les heures qui viennent, en matière de référendum sur les retraites. C'est, en effet, la dernière chose qu'elle a défendu lors de cette émission et ce n'est pas pour rien. Elle veut probablement une preuve concrète et irréversible que les actes des parlementaires sont en accord avec les propos du PS, que les institutions représentatives soutiennent PLEINEMENT le peuple dans ses luttes et qu'ils s'engagent dès demain dans le changement...

Bref, on peut concevoir que pour tous ceux qui avaient l'intention de faire croire que tout allait changer, en ayant la ferme intention de ne rien faire pour que cela change, les précisions fondamentales que Ségolène Royal a apporté ce soir sont extrêmement contrariantes.

On peut également concevoir pour tous ceux qui préfèrent le flou artistique des projets mal ficelés qui mènent à l'échec, des campagnes électorales qui ressemblent à des combats de catch, le degré d'extrême précision dans l'analyse de la situation, dans l'énoncé des solutions à mettre en oeuvre et par conséquent les contraintes que cela va occasionner pour eux, on peut concevoir que ceux là préfèrent ce soir revenir à leurs bonnes vieilles habitudes du tout sauve Ségolène Royal.

Désormais, la balle est dans leur camp et dans celui du PS et des partis de gauche qui ont intérêt à « se bouger » très vite....et leurs supporters à ne pas se réjouir trop vite et à ne pas se répandre en supputations oiseuses...Si ils veulent faire preuve de sagesse, de pugnacité et de volonté de nous rassembler.

Source: France5

vendredi 28 mai 2010

Nicolas Sarkozy s'adresse au bon Dieu... Et à ses représentants.

Dans son discours inaugural du Fonds Paul Ricoeur, le président Nicolas Sarkozy a, selon Le Figaro, affirmé:
"Alors que l'économie et la société redécouvrent dans la crise sans précédent qui secoue le monde un profond besoin d'éthique, alors que le progrès des sciences et des techniques met nos valeurs chaque jour à l'épreuve et que le capitalisme est en quête de morale, le silence des grandes religions serait incompréhensible tant elles sont dépositaires ensemble d'une partie essentielle de la sagesse humaine".

On n'est pas encore dans le Génie du christianisme , mais en s'en rapproche, non ?

Trêve de plaisanterie. Il y a plusieurs traductions possibles aux propos de Nicolas Sarkozy.

Quelqu'un de mauvaise foi pourrait penser que Nicolas Sarkozy, ne s'estimant pas un représentant crédible de l'éthique et de la morale, en appelle aux grandes religions pour jouer leur rôle moralisateur et inciter les populations à plus d'abnégation et d'esprit de sacrifice.

Quelqu'un de plus « spirituel » pourrait encenser l'esprit rassembleur du chef de l'État qui, rappelant les grandes religions à venir au secours d'une société décadente, entend utiliser et toutes les ressources de la société pour vaincre la crise.

Quelqu'un de totalement laïque, comme je le suis, se révolte de cet appel en à l'intervention des religions pour au final, obtenir, comme elles l'ont traditionnellement toujours fait, toujours plus d'abnégation et de sacrifices pour les populations.

Car, ne nous leurrons pas, il serait très surprenant que les grandes religions adressent une semonce aux spéculateurs, aux grands capitalistes, aux multinationales, afin qu'ils fassent preuve de plus d'éthique et de morale. J'imagine assez mal ce petit monde de la finance se flageller, se mortifier, faire pénitence.

La seule chose qui me réjouisse dans ce discours de Nicolas Sarkozy, c'est que visiblement il a tout à fait compris que lui et sa majorité présidentielle n'avait aucune crédibilité aux yeux de la population lorsqu'il prétendait moraliser le capitalisme.

En désespoir de cause, il ne lui restait plus qu'à invoquer le bon Dieu, ces saints,et leurs représentants sur terre. Peut-être espère-t-il que, comme du temps des grandes épidémies, les églises organiseront de grandes processions auxquelles nous serons tous invités à implorer le Ciel pour qu'il nous délivre de la crise ;-)

Sources: Fonds Paul Ricoeur ;Médiapart ; Le Figaro

 

Mots clés Technorati : ,,,

jeudi 27 mai 2010

Roselyne Bachelot perpétue les traditions familiales!

Roseline Bachelot nous a démontré récemment, avec sa très mauvaise gestion de la pseudo pandémies de grippe H1N1, qu'en matière de santé publique et de finances publiques, elle n'était certes pas la meilleure gestionnaire et prévisionniste au monde.

Par contre, en ce qui concerne les prévisions et la gestion de la carrière de ses proches, elle semble parfaitement se débrouiller.

J'en veux pour preuve la nomination de son fils,Pierre Bachelot, 41 ans, diplômé de l'institut supérieur des arts de Paris, à la direction générale de l'institut national de prévention et d'éducation pour la santé.

Attention, Pierre Bachelot ne rentre pas par la petite porte a l'INPES . Il est directement propulsé au poste de charger de mission ( salaire net minimum de 3.707 € par mois.) auprès de la directrice générale de l'institut.

Il sera chargé, d'après Le Point,  « de développer une stratégie d'influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques publiques ».

Dès mardi prochain, alors que le gouvernement réaffirme sa volonté de supprimer des postes de fonctionnaires dans la fonction publique pour faire des économies, Pierre Bachelot occupera à plein temps un poste qui n'existait que ponctuellement.

Cette nomination indécente aurait encore pu se justifier si le fils de Mme H. Laure avait eu les compétences, l'expérience professionnelle nécessaires dans le domaine de la santé . À regarder son cursus professionnel, consultable dans l'article du point, il n'en est absolument rien . Quoi que, puisqu'il était aux côtés de sa mère au ministère de la santé, pendant l'épisode de la grippe H1N1, il a peut-être beaucoup appris en matière de stratégie d'influence ou de lobbying... Allez savoir !

Certes, il est de tradition dans la famille Narquin que la carrière des enfants en sont fortement aidées pas celle de leurs parents. Roselyne Bachelot, fille de de Jean Narquin, résistant et député gaulliste, a repris en 1988, le siège de député de son père Jean Narquin. Mais pour ce faire elle avait été élue. Son frère cadet, Jean Yves Narquin, était attaché parlementaire de son père avant de se présenter aux élections législatives de 2007.

On avait déjà pu constater que le népotisme était de mise à l'UMP, on pouvait espérer qu'après l'épisode houleux de la candidature de Jean Sarkozy à l'EPAD la majorité présidentielle et les ministres auraient compris que les Français, même électeur de droite, n'appréciait en aucun cas de voir les enfants de ceux qui les dirigent bénéficier d'un quelconque favoritisme.

Roseline Bachelot a peut-être cru que la nomination de son fils allait passer inaperçu . Il n'en est rien. Une fois de plus, nous pouvons constater que quand il s'agit de trouver du travail pour nos enfants, les membres du gouvernement ne font rien mais qui sont particulièrement efficaces, ne regarde pas le prix que cela coûtera à l'État, quand il s'agit de trouver du travail à leurs enfants.

En bonne mère qui sait probablement qu'au prochain remaniement ministériel elle sera remplacée au ministère, elle a probablement voulu protéger son fils et lui permettre de continuer sa carrière.

Sources:Le Point ; INPES .

Mots clés Technorati : ,,