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lundi 3 octobre 2011

15 bonnes raisons de ne pas voter pour François Hollande lors de la primaire socialiste

Je sais, en écrivant ce billet  sur François Hollande, le “poulain conjoint des instituts de sondage, des médias de droite et de gauche”, que je vais m'attirer les foudres de tous ceux qui verraient en lui le candidat de la gauche le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy.

Il ne s'agit pas pour moi de critiquer pour critiquer mais bien, pensant que Nicolas Sarkozy ne ferait qu'une bouchée de François Hollande - et donc empêcherait une gauche de progrès, de réels changements, d'accéder enfin au pouvoir pour mettre fin au carnage social auquel se livre la droite depuis 10 ans - de lister très précisément ce qui, de mon point de vue, constitue de très bonnes raisons de ne pas désigner François Hollande comme candidat du parti socialiste et encore moins de la gauche française à l'élection présidentielle.

  1. On a pu se rendre compte, lors d'un débat avec Thomas Piketty que François Hollande était incapable d'apporter des précisions sur l'imposition des plus values mobilières et immobilières
  2. Au cours du même débat, François Hollande refuse le taux de 60% pour les revenus mensuels de 100.000 euros au prétexte que ça ne concernerait que quelques milliers de contribuables ( les plus grosses fortunes au demeurant!) Il oublie que par effet mécanique, ça va obliger, si on veut renflouer les finances publiques) à augmenter les taux d’imposition des revenus moyens ou inférieurs !!!
  3. Le plus révélateur, lors de ce débat, de la vision pas vraiment pro répartition équitable des richesses de François Hollande se trouve dans sont affirmation que: "les versements d’ISF payés du vivant d’un contribuable viendraient en diminution des droits de successions dus par ses héritiers." De fait, François Hollande oublie totalement le plus grand nombre de ceux qui n'ont pas d'héritage à transmettre ou qui ne veulent pas en transmettre? 
  4. En meeting à Rennes  , voulant probablement apparaître comme le pourfendeur suprême de Nicolas Sarkozy, François Hollande fustige les augmentations d'impôts, de taxes et de charges sous Sarkozy et...il propose d'augmenter encore + les prélèvements obligatoires  .Or, malheureusement pour lui, en économie comme en gestion, on définit le concept de prélèvements obligatoires comme l'ensemble des impôts, taxes et droits divers affectés au budget général de l'État auquel s'ajoutent les impôts affectés aux collectivités locales ainsi que  les cotisations sociales obligatoires des organismes sociaux officiels. François Hollande critique Sarkozy qui a augmenté les prélèvements obligatoires mais envisage de les augmenter encore plus!
  5. François Hollande " ne crois pas à des solutions ni judiciaires ni administratives" pour sanctionner les entreprises qui pratiquent des licenciements boursiers ,  Il veut, reprenant une idée  déjà émise par lui le 20 Septembre 1999  , pénaliser financièrement les entreprises. Certes si à première vue sa solution présente l'avantage de faire entrer de l'argent dans les caisses de l'État (dans la mesure où les chefs d'entreprise paieront réellement les pénalités imposées) , elle n'empêchera ni les délocalisations préjudiciables à notre tissu industriel, ni les licenciements massifs et INJUSTES, et surtout elles ne permettront pas, puisque François Hollande n'envisage pas de leur réclamer toutes les aides de l'État qu'elles ont perçues, de punir sévèrement ces entreprises qui nuisent gravement à l'État français .
  6. Outre ce laxisme éhonté, François Hollande fait preuve à de nombreuses reprises de son incompétence à chiffrer correctement les mesures qu'il propose : il se trompe  dans le chiffrage de sa mesure de recréation des postes d'enseignants... .
  7. Qui plus est, il commet à nouveau une grossière erreur dans le calcul de son projet de "pacte générationnel" ou "contrat de génération"  Pour quelqu'un qu'on essaie de nous « vendre » comme un excellent gestionnaire, ça  la fout mal !
  8. Non content de faire des erreurs de calcul, François Hollande semble maitriser très mal les dossiers qu'il aborde. Ce qui l'amène à proférer des absurdités comme par exemple lorsqu'il compare l'emploi industriel en Allemagne avec l'emploi industriel en France .
  9. Non maîtrise du dossier à laquelle s'ajoute l' imprécision. Par exemple dans son ciblage du pacte générationnel . En réalité, comme l'ont souligné quelques représentants syndicaux, si François Hollande applique son pacte comme il le prétend, il fera un très beau cadeau fiscal aux entreprises sans pour autant provoquer de nouvelles embauches.
  10. Pour en finir avec l'image du bon gestionnaire qui colle à la peau de François Hollande, il est bon de rappeler que avec environ 1400 euros de dette par habitant, le département de la Corrèze, dont François Hollande préside le conseil général, est l'un des plus en difficulté de France.  . D'aucuns pourraient me rétorquer que François Hollande a hérité d'une gestion catastrophique de la part de son prédécesseur. C'est oublier que François Hollande n'a pas été forcé de présider le conseil général depuis mars 2008, et que, en trois ans et demi, il n'a pas fait grand-chose pour faire diminuer la dette par habitant du département de la Corrèze.
  11. François Hollande a assuré que si un candidat à la présidentielle « n’est pas prêt à dire la vérité aux Français, mieux vaut qu’il ne se présente pas».  . Lui ne pourra pas être accusé de ne pas dire la vérité, car pour ne pas avoir à mentir il a opté pour une solution simple ( pas très honnête et quelque peu méprisante vis-à-vis des électeurs et du système démocratique), que nous a dévoilée sans le vouloir Jacques Attali: François Hollande n'a strictement aucun projet !
  12. C'est un adepte du "demain on rase gratis", cher aux démagogues qui ont ruiné notre Démocratie et les pays. "demain on rase gratis", par exemple sur le cumul des mandats: ” L'engagement que je prends, c'est qu'au lendemain de notre victoire de 2012, je ferai voter, si je suis dans cette situation, une loi prohibant le cumul des mandats et cette loi sera d'application en 2014 “ . Ben oui, quoi, aujourd'hui on peut pas...on a piscine! Ou comme avec les écologistes et les enseignants dont il veut s'assurer les voix en leur faisant es promesses qui n'engagent que ceux qui les croient...sans vérifier leur faisabilité.
  13. François Hollande est dans le paraître et la stratégie électoraliste - quitte à tricher avec les téléspectateurs  - pour masquer son imprécision sur tous les sujets qui exigent de la clarté, ou masquer son manque de savoir faire, et de compétence  . C'est probablement, si nous étions encore dans le cadre d'une présidence de la république se cantonnant au rôle de potiche, un des traits de caractère dominant de François Hollande qui collerait le mieux avec la fonction. Malheureusement pour François Hollande qui semble ne l'avoir pas compris, depuis 1958, la fonction présidentielle a considérablement évolué
  14. François Hollande est dans la posture : Il parle du pouvoir d'achat des ouvriers...mais il est absent à la Fête de l'Huma  et il absent au congrès des HLM . François Hollande préfère travailler sa posture de rassembleur . Alors qu'il néglige de façon méprisante, plus d'un tiers de la population française.
  15. C'est vrai que prouver ses capacités de rassembleur est très difficile pour celui qui en 2007 , alors qu'il était premier secrétaire parti socialiste, n'a pas su rassembler les socialistes autour de Ségolène Royal,  .
     

Voilà mes 15 bonnes raisons de ne pas voter pour François Hollande lors de la primaire socialiste et encore moins lors de la prochaine élection présidentielle de 2012, si par malheur il venait , par je ne sais quel miracle dont le PS a le secret, à gagner cette primaire dont le premier tout a lieu dimanche prochain.

Pour moi, François Hollande est le candidat de l'immobilisme. À trop vouloir se placer au-dessus de la mêlée , à trop vouloir prendre du recul, il est totalement satellisé dans une galaxie qui n'a plus rien à voir avec la société française, ses souffrances, ses craintes, ses espoirs, ses désirs de changement, ses aspirations à une autre façon de faire de la politique.

Pour finir, je ne peux résister à la tentation de vous citer quelques Verbatim qui illustrent à quel point F.Hollande n'apporte aucune réponse, est assujetti au pouvoir de l'argent et n'entend pas changer les choses, manque de créativité et n'est pas un candidat « normal » mais un candidat très banal, autant de défaut préjudiciables à un essors de la France vers un avenir heureux :

Hollande: "la question n'est pas de savoir s'il faut payer + d'impôts, mais qui va payer" 
remarque : à la date d'aujourd'hui nous attendons toujours la réponse de François Hollande à cette question du "qui va payer"

Aubry : "Tout ne s'achète pas par l'argent."
Hollande : "Dans une société où tout est gouverné par l'argent, si" 
remarque : Avec une telle approche les affaires de valises et d'enveloppes ne sont pas prêtes de s'arrêter!!!

Hollande: “Il y aura NECESSAIREMENT 1 remontée des prélèvements obligatoires”
remarque : Nécessairement? Ou serais compris que François Hollande est totalement   dans la ligné du "There is no alternative" (TINA « il n'y a pas d'alternative »)  de Margaret Thatcher!  Admirez la créativité du chouchou des sondeurs!

Hollande: "S'il n'y a pas cet effort partagé, il n'y aura pas de redressement"
remarque: C'est beau! En voilà un langage rassembleur ! J'ai juste un conseil à donner à François Hollande. Il devrait en parler avec François Fillon qui, depuis cinq ans, tient le même langage et n'aboutit qu'à faire éclater la majorité présidentielle!

Source : Cui cui fit l'oiseau ; section socialiste de l'île de Ré ; le Monde ; tout sur les impôts ; l'Humanité ; Prof en campagne ; l'Expansion ; le JDD ; le Figaro ; Libération ; l'Express ; France-Soir ; Arrêt sur Image ; le Nouvel Obs

mardi 13 septembre 2011

Décidément, François Hollande aime la cuisine politicienne!

François Hollande, candidat à la primaire socialiste qui aura lieu les 9 et 16 octobre prochain, a donné hier, dans la salle du théâtre le Trianon, boulevard Rochechouart à Paris, son premier spectacle meeting de campagne.

Devant un parterre de militants compassés , qui faisait plus penser à une assemblée de notables qu'à un rassemblement de personnes convaincues qu'elles avaient sur la scène celui qui serait capable de réaliser l'unité du pays et sa résurrection, le premier secrétaire - quasi perpétuel - du parti socialiste a enfin esquissé, on ne peut plus prudemment, ce qui pourrait être éventuellement le tout début de son potentiel programme de gouvernement.

Ce faisant, il a aussi accumulé des messages qui ne laissent rien présager de bon au cas ou il serait désigné comme candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2012.

Il faut être aveugle pour ne pas réaliser que François Hollande, sous prétexte d'humour, n'a absolument pas la conviction profonde que la gauche française pourrait gagner non seulement l'élection présidentielle de 2012 mais encore les élections législatives qui suivront.

N'a-t-il pas prétendu que la primaire:

"c'est la seule élection que les socialistes (soient) sûrs de gagner".

Certes, on pourrait me dire que, le Parti Socialiste n'étant absolument pas la gauche française dans son ensemble, cette petite phrase qui se voulait humoristique- mais avons-nous réellement besoin d'élire un clown pour que le pays soit sauvé?-  n'était que modestie socialiste de la part de François Hollande et un subtil appel du pied à l'union de la gauche.

Il se peut.

Mais du coup, il a oublié totalement que cette primaire est ouverte à d'autres candidats que les candidats socialistes. Jean-Michel Baylet appréciera...

Quant à rassembler l'ensemble de la gauche, il me semble que François Hollande a été très clair, lors de sa représentation scénique, en affirmant qu'à l'issue de la primaire il proposerait, si il est désigné, un contrat de gouvernement aux seuls écologistes !

Outre le fait que cela montre à quel point François Hollande est un adepte de cette cuisine politicienne digne de « la politique à la papa » qui a désertifié les bureaux de vote depuis 30 ans, elle montre parfaitement que loin d'être un homme convaincu par l'union de la gauche, il ne sélectionne ses alliés qu'au vu des résultats électoraux, en se moquant totalement des autres partis de gauche et par là-même de leurs électeurs.

Difficile après ça d'être crédible et de prétendre "NOUS AURONS BESOIN DE TOUS"! Cela m'étonnerait fort qu'aucun des militants et  leaders de la gauche ne lui demande pour faire quoi très exactement le candidat François Hollande a besoin de tout le monde... Pour jouer les faire valoir ? Pour coller des affiches et distribuer des tracts ? Pour tenter de motiver les électeurs à voter pour lui ?

Nous aurons tous bien compris que les seuls alliés avec lesquels François Hollande concèdera de gouverner seront les écologistes.

Voyons donc maintenant qu'elle est sa cible électorale.

En bon traditionaliste du “socialisme dépassé de ces 20 dernières années”, François Hollande cible manifestement les enseignants. C'est vers eux que depuis deux jours tend tout son discours. Il redonnera des moyens, il revalorisera leurs salaires, bref, pour François Hollande, seuls les enseignants ont souffert ces cinq dernières années et eux seuls méritent son attention.

Alors certes, le corps enseignant joue un rôle important dans notre société, dans le sens où c'est lui qui a en charge d'enseigner aux enfants les savoirs nécessaires à une bonne intégration sociale. Mais de là à ne faire de l'éducation que le seul axe politique d'un meeting, il y a de la marge.

Alors, on peut se demander, à l'issue de ce premier meeting si François Hollande est réellement un candidat normal.

Normal, il l'est au sens où rien, mais vraiment rien, ne le distingue de ces candidats " parachutés par les appareils des partis " qui viennent tous les cinq ans nous demander de voter pour eux pour le poste de maire, de député, et parfois même le président de la république, depuis des dizaines d'années.

Rien ne le distingue de ces candidats qui nous font des promesses vagues, qu'ils noient sous des discours ectoplasmiques  .

Rien ne le distingue de ces candidats qui nous promettent que demain on rase gratis tout en sachant parfaitement que le mandat représentatif qu'ils briguent ne les obligera en aucun cas, une fois élus, à tenir les dites promesses. Et à ce titre, on peut reconnaître à François Hollande et à son équipe de soutiens d'avoir parfaitement choisi le lieu de ce premier meeting. Quoi de mieux, en effet, qu'un théâtre, pour ne donner que ce qui est somme toute une représentation archi rôdée dans laquelle on va jouer un rôle, déclamer un monologue attendu par un public qui se prétend éduqué  plus que les autres, est déroulée une histoire dont les spectateurs connaissent parfaitement le déroulement...

Oui, si on aime la politique du “changez rien surtout”, François Hollande est un candidat “normal”. Reste à savoir si c’est le candidat dont les électeurs de gauche ont besoin pour faire changer totalement les orientations mortifères que leur pays a pris depuis 10 ans!

Au demeurant, à l'issue de cette soirée, on ne sait absolument pas ce que pense François Hollande de la situation actuelle, "ce qu'il a dans le ventre".  Par contre on a pu constater qu'en bon apparatchik, au mépris de l'opinion et des choix des citoyens, François Hollande ne s'intéresse, à gauche, qu'aux écologistes et aux enseignants.

Pour les problèmes de pauvreté, de chômage, de pouvoir d'achat, de santé, de déficit démocratique, de sécurité, bref pour les problèmes de société qui préoccupent les Français, le message est clair:

Prière de vous adresser à d'autres candidats, car M. Hollande a d'autres priorités... Notamment celle de s'appliquer à réussir sa cuisine politicienne

Sources : Le Monde ; Europe 1 ; le Nouvel Obs ; Marc Vasseur

mercredi 6 avril 2011

Primaire socialiste: Copé est-il sot ou est-il manipulateur?

À écouter la dernière déclaration de Jean-François Copé, maire et député, donc sans ces mieux connaître la loi que le citoyen lambda, on peut se demander s'il est légitime qu'un individu qui l'ignore autant qu'il le fait et bien à sa place à la tête d'une municipalité et dans une assemblée dont la principale occupation est de voter des lois.
Ce jour, M. Copé, probablement très contrarié par la miteuse réunion  qu'il avait organisée pour tenir un débat sur la laïcité, réunion qui, grande première, a été précédé par la publication sur tous les grands journaux nationaux des 26 propositions qui devaient en être issues ... Ce qui montre à quel point à l’UMP, les débats ne servent à rien puisqu'avant qu'il ne les décisions sont déjà prises, imprimées, diffusées.

Mais laissons cela. Mon interrogation d'aujourd'hui porte sur le fait que Jean-François Copé, lors de son point presse hebdomadaire, a soulevé quelques questions concernant la légalité de l'organisation et le déroulement de la primaire socialiste de désignation d'un candidat pour l'élection présidentielle de 2000. Ces questions portent principalement autour de trois axes :

  • le fichier des électeurs ;
  • l'utilisation des locaux publics pour en faire des bureaux de vote ;
  • le payement de la somme de un euro par les électeurs pour cofinancer la campagne de l'élection primaire socialiste.

Pour ce qui concerne le fichier des électeurs, Jean-François Copé se dit troublé par ce qu'il appelle un recours au « fichage ».

"En clair, nous nous inquiétons fortement de l'utilisation qui pourrait être faite par un grand parti politique de ces fichiers.Nous allons nous pencher très, très sérieusement sur la légalité de cette initiative qui va bien au-delà d'une élection interne à un parti par ses militants""

Tout vient à point à qui sait attendre, lorsqu'il s'est agi de voter la loi Hadopi, le recours au fichage n'a pas plus que cela inquiété Jean-François Copé !

M. Copé devrait relire l'article L28 du code électoral, modifié par Loi n°88-227 du 11 mars 1988  . En effet, cet article, dans son dernier paragraphe stipule que :

"Tout électeur, tout candidat et tout parti ou groupement politique peut prendre communication et copie de la liste électorale."

Ce qui veut clairement dire que Jean-François Copé n'a aucune raison d'être inquiet, la démarche du parti socialiste est totalement légitime puisqu'elle s'inscrit parfaitement dans le paragraphe 2 de l'article L. 28 du code électoral.Que Jean-François Copé l'ignore est pour le moins inquiétant compte tenu du fait qu'il s'est présenté moult fois à des élections, qu'elle soit municipale régionale ou nationale ... Inquiétude d’autant plus injustifiée que le parti socialiste a d'ores et déjà annoncé que ce fichier serait détruit à l'issue de la consultation électorale et surtout qu'il serait élaboré et validé par la CNIL . .

Par ailleurs, Jean-François Copé s'est interrogé sur la légitimité de la mise à disposition d'établissements publics comme les écoles pour installer les bureaux de vote.

Là aussi, celui qui cumule les fonctions de  Maire de Meaux  et de Président de la communauté d'agglomération du Pays de Meaux  semble ignorer totalement la loi du 30 juin 1881 et les articles L.2122-21, L.2144-3, L.2212-2 du code général des collectivités territoriales.

Rappelons que  la loi du 30 juin 1881 sur les réunions publiques consacre la liberté de réunion, et que la jurisprudence administrative crée le cadre dans lequel les communes doivent mettre à disposition des organisateurs un local communal. Le code général des collectivités territoriales, notamment dans son article L.2144-3, prévoit que les locaux communaux peuvent être utilisés par les associations, syndicats ou partis politiques qui en font la demande. Certes le maire de la commune peut déterminer les conditions d'utilisation de ces locaux, mais il ne peut le faire qu'en invoquant les « nécessités de l'administration des propriétés communales, du fonctionnement des services et du maintien de l'ordre public ».  En aucun cas il ne peut introduire dans son jugement une quelconque discrimination entre les associations, syndicats et partis politiques, dans sa décision d'octroi ou de refus sous peine d'être sanctionnée par le juge administratif (C.E., 15 octobre 1969, Association Caen Demain).

Ainsi donc, contrairement à ce que laisse entendre que Jean-François Copé, les communes propriétaires de locaux communaux peuvent mettre ceux-ci à disposition d'associations pour leur permettre de réaliser leur objet.

Mais Jean François Copé, éternel inquiet, veut également remettre en cause le payement de la somme d'un euro.

"Et puis il y a quelque chose de très troublant, c'est le côté censitaire puisqu'il faut payer… Tout cela a un côté Monarchie de juillet".

Préférerait-il dans la grande tradition élitiste du XIXe siècle que ce soit un collège de grands électeurs, notables et amis des candidats, qui effectue la sélection du candidat ?

Certes, il y a quelque chose de troublant dans le fait de payer avant de voter. Pour un esprit simple, voire même simplet, cela pourrait induire une relation étroite entre le fait de voter et celui de payer. Néanmoins, je ne pense pas que les sympathisants et militants de gauche confondront le fait de payer pour financer l'organisation de la primaire socialiste et le fait de voter. Du reste, puisque le Jean-François Copé oriente son intervention uniquement sur l'aspect légal de cette élection primaire, je lui ferai remarquer qu'il n'y a aucun texte de loi en France qui interdise le financement d'une élection interne à un parti politique.

Mais de mon point de vue, ce qui est le plus choquant, c'est de lire que le trésor qui est du parti socialiste, Régis Juanico, au travers de cette participation symbolique espère "être bénéficiaire pour dégager de l'argent pour 2012" . Il y a là une “marchandisation” de l’élection qui me déplait fortement , quand bien même je comprend que cette opération ne sera pas sans coût financier, je sais pertinemment que le parti socialiste n’est pas un parti politique qui manque d’argent…Qu’il veuille en plus “faire de la gratte” sur l’envie de démocratie des militants et sympathisants de gauche me déplait fortement…

Je ne m'attarderai pas sur la pirouette de la députée Valérie Rosso-Debord qui visiblement en manque de neurones, prétend que dans la Constitution de 1958 "il est bien prévu que l'élection du président de la République est à deux tours.À partir du moment où la République se dote de moyens (publics) pour organiser des primaires, on passe à trois tours", autrement dit "le dispositif est parfaitement anticonstitutionnel". Je note simplement que si Valérie Rosso Debord poursuit son raisonnement jusqu'au bout, les primaires de l'UMP qui aboutirent, le  14 janvier 2007, à l'investiture de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP à l'élection présidentielle sont tout autant anticonstitutionnelles.

En conclusion, comme Jean-Pierre Mignard , qui fait partie de la haute autorité en charge du bon déroulement des primaires, je pense que les « interrogations" de Jean-François Copé sont légalement infondées puisque, comme je l'ai démontré ci-dessus, tant sur le fond que sur la forme, l'élection primaire socialiste pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2012 s'inscrit parfaitement dans le cadre des lois françaises.

Je dirais même plus. Au-delà du code électoral et du code général des collectivités territoriales, cette élection primaire s'inscrit totalement et parfaitement dans l'article 4 du titre Ier de la constitution de 1958. Parce qu'en permettant à des millions de personnes de choisir celui ou celle qui sera leur candidat à la présidence de la république, elle concourt à l'expression du suffrage en respectant les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie dans le respect de l'article premier de la constitution .

Alors, à moins de penser que Jean-François Copé est un sot ignorant, on peut légitimement se demander à quoi rime cette remise en cause de la légitimité et de la légalité de la primaire socialiste. En essayant de faire croire que cette opération conforme aux principes constitutionnels est illégale, l'UMP essaye-t-elle de faire peur aux citoyens tentés de participer à la désignation du candidat socialiste ?

En feignant d'ignorer le code électoral et le code général des collectivités, l'UMP essaie-t-elle d'ancrer dans les esprits ignorants c'est 2 codes, que le parti socialiste fait n'importe quoi ?

Ou bien, profitant de la remise en cause de cette élection primaire par certaines élites du parti socialiste , l'UMP surfe-t-elle sur une vague qui tendrait à décourager les sympathisants et militants de gauche les plus mous, afin de faire échouer la participation à cet exercice démocratique souhaité par bon nombre de nos concitoyens?

Si tel était le cas, on peut vraiment dire que les oligarques du parti socialiste font jeu commun avec ceux de droite pour empêcher l'avènement d'une démocratie pleine et entière dans laquelle le peuple pourrait modestement reprendre une partie des pouvoirs qui lui sont conférés par la république.

Jean-François Copé est-il un sot ou un manipulateur?

Sources : L’Express; Le Point ; Légifrance ; le Nouvel Obs ; Maires Isère ; Le Monde ; Assemblée Nationale.

jeudi 31 mars 2011

Pour une réforme du système politique et électoral français

Les élections cantonales sont terminées, les présidents de conseils généraux sont élus, le spectacle politique affligeant de partis politiques en flagrant délit de racolage électoral, auquel nous avons pu assister depuis quelques semaines, est donc en sommeil jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

Si un millier de nos concitoyens  a acquis, grâce à nos bulletins de vote, la certitude que pendant 3 ans il ne serait pas obligé d'aller pointer au chômage, quelques millions d'autres concitoyens, inscrits sur les listes électorales, ont préféré, en s’abstenant d’aller voter, de signifier au monde politique actuel leur lassitude de se voir traiter comme des « consommateurs du candidat qu'on essaie de nous vendre comme un nouveau yaourt » et non comme des électeurs adultes, capables de choisir et désireux de le faire dans un panel de candidats le plus exhaustif et représentatifs possible.

Les résultats concernant les votes de ces élections cantonales de 2011 sont significatifs, non pas de la dépolitisation des électeurs français, mais bien, de mon point de vue, du peu de diversité de candidatures et de la « normalisation/standardisation » des discours politiques.

Les dernières élections européennes avaient connu un taux d'abstention supérieure à 59,37 %, sans que cela n'alerte outre mesure les différents partis politiques présents sur l'échiquier électoral français.Pourtant, 44,4 millions d'électeurs avaient fait la démarche d'aller s'inscrire sur les listes électorales pour pouvoir voter. Cela veut dire clairement qu'il n'y a aucun désintérêt pour la vie politique et pour l'acte de voter. Néanmoins, quand bien même les élections cantonales ne concernaient que 21,4 millions d'électeurs, puisqu'il ne s'agissait que d'un renouvèlement de certains sièges, le taux d'abstention des dernières élections cantonales a atteint 55,03 % lors du second tour, après s'être élevé à 55,68 % au premier tour. 0,65 % de baisse de l'abstention. Voilà le résultat de ce que la gauche a appelé le front républicain face la montée de l'extrême droite. On ne peut pas vraiment dire que les grands leaders de gauche qui se sont exprimés entre les deux tours aient recueillis un franc succès.

Bien entendu, comme d'habitude, sur les différents plateaux de télévision qui présentait dimanche dernier, une soirée électorale, les leaders politiques se sont bien gardés de commenter ce taux d'abstention inquiétant.

Pour la plupart ils se sont contentés de prétendre qu'ils avaient gagné, ou du moins qu'ils n'avaient pas perdu, d'accuser leurs adversaires politiques d'être responsable tous les maux et, pour mieux encore dégouter les quelques téléspectateurs qui assistaient à leur prestation, ont très vite fait diversion en se projetant sur l'élection présidentielle de 2012. Voilà donc le triste spectacle que nous ont offert nos hommes et nos femmes politiques, alors même que plus de la moitié des personnes inscrites sur les listes électorales avait préféré s'abstenir de voter.

Bien entendu, parmi les militants et le personnel politique qui ont commenté l'abstention, certains se sont montrés dogmatiques allant jusqu'à prétendre que : « le vote n'est pas simplement un droit, c'est un devoir ». Affirmation totalement fausse, vous pouvez éplucher tous les codes électoraux et la Constitution française, le vote est un droit est uniquement un droit et comme tous les droits chaque citoyen est entièrement libre d’en disposer, de s'en servir ou de ne pas s'en servir.

Pour mieux montrer leur indignation face à l'incivisme de leurs concitoyens, d'autres ont cru bon de préciser qu'à l'heure ou dans le monde arabe certain sont prêts à mourir pour obtenir le droit de vote, s'abstenir de voter pour les cantonales était purement et simplement une honte. Je voudrais signaler à ceux la que dans la plupart des pays arabes dans lesquelles des « révolutions » ont lieu actuellement, les peuples ont le droit de vote et que si ils manifestent, ça n'est pas pour l'obtenir mais tout simplement parce que certains de leurs dirigeants ont dévoyé la Démocratie et fortement dénaturée le vote des citoyens.

Très peu des commentateurs ont cherché à comprendre les causes de l'abstention massive que connaît la France depuis bientôt plus de trois ans.Trop fatigant peut être…

Pensez donc, il fallait s'intéresser non pas aux « sondages PMU » sur l'élection présidentielle qui aura lieu dans un an et demi, mais aux enquêtes qui ont suivi immédiatement le vote des cantonales. À ce titre, le baromètre du Cevipof est particulièrement intéressant. On y découvre que :

  • 67 % des personnes sondées n'ont ni confiance dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays.
  • 78 % des personnes sondées estiment que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce que pensent les gens.
  • 68 % des personnes sondées pensent que la droite et la gauche, une fois au pouvoir, mène la même politique
  • 89 % des personnes sondées pensent que les marchés financiers sont plus puissants que les états. 74 % des Français pensent que l'Europe et ses traités brident l'action du gouvernement
  • 96 % des personnes sondées pensent que le vrai pouvoir est exercé par les banquiers et les financiers. 88 % pensent que le vrai pouvoir est exercé par les patrons du CAC 40, 80 % qu'il est exercé par les médias et 85 % qu'il est exercé par l'union européenne

Il y a donc une défiance réelle et maintenant fortement ancrée chez les électeurs à l'encontre du système et du personnel politique français.
Le système politique est perçu comme impuissant à changer le rapport de forces avec le pouvoir économique et financier et le personnel politique est perçu comme « peu sincère et peu honnête ».

Ainsi donc, les électeurs français ont une perception négative du personnel politique et développe une méfiance certaine envers ses compétences à gouverner que ce soit à l'échelon local, régional ou national.

Sur le plan sociodémographique, on note que l'abstention des jeunes générations est beaucoup plus importante que celle des plus âgés. Le personnel politique est perçu comme uniforme, unidogme, et incapable de « changer la vie » des citoyens. Il est remarquable que ce soit les jeunes générations, confrontées depuis leur naissance à des crises économiques à répétition, fragilisées dans leur emploi, dans leur protection sociale, privées petit à petit du droit à être soigné et éduqué convenablement, qui déclare s'abstenir massivement. En cela, il me parait extrêmement important de bien comprendre que leur abstention n'est pas de l'incivisme mais bel et bien un acte politique qu'il faut bien se garder de stigmatiser et de mépriser. N'oublions pas que ces jeunes générations sont actuellement sacrifiées par le même personnel et système politique qui prétend les motiver à aller voter.

Quelques commentateurs ont essayé de trouver des solutions pour faire en sorte que le taux d'abstention diminue. Parmi ces solutions, la plus autoritaire que l'on puisse faire a été énoncé par Laurent Fabius et quelques autres : rendre le vote obligatoire.

Au regard des résultats des différentes enquêtes menées après les élections européennes, les élections régionales et cantonales, on comprend très vite que Laurent Fabius est totalement “à côté de la plaque” et qu'il n'entend rien aux motivations des abstentionnistes. La solution du vote obligatoire parait surréaliste quand on envisage de l'appliquer à une population qui considère que ses représentants n'ont plus aucun pouvoir. Dans cette perspective, le vote obligatoire ne serait plus qu'une formalité administrative visant à rendre l'élection conforme à une définition bureaucratique de la démocratie. Et comme je l'ai entendu lors d'un entretien, si l'on part dans cette « dérive autoritariste, pourquoi pas rendre la consommation, la procréation, le militantisme obligatoire !

Plus sérieusement, on comprend bien que derrière cette proposition, Laurent Fabius exprime sa crainte de l'impact d'une forte abstention sur la mécanique électorale et la fragilisation de la légitimité des élus qu’elle induit.  Mais faute de remettre en cause les mécanismes électoraux qu'il a contribué à mettre en place, avec les résultats désastreux que nous connaissons aujourd'hui, Laurent Fabius préfère contraindre ses concitoyens a aller voter à tout prix, quand bien même ce sera pour mettre un bulletin blanc dans l'enveloppe.

Une autre solution proposée consisterait à prendre en compte le vote blanc afin de pallier aux imperfections du système électoral actuel.

Outre le fait que la reconnaissance du vote blanc est un sujet qui a souvent été évoqué mais que, depuis le milieu du XIXe siècle, et ce quelle que soit la majorité présidentielle, on n'a jamais essayé d'appliquer, force est de constater que le vote blanc n'est plus considéré comme un choix électoral possible. Il fut un temps où les législateurs étaient plus fidèles à une certaine idée de la Démocratie et reconnaissaient, à travers le vote, le droit d'expression et de révocation des représentants des électeurs. Il semble qu'actuellement le vote ne soit plus considéré que comme un moyen de révoquer les élus en place, à des périodes régulières, généralement fixé à 5 ans. Ce qui a conduit les législateurs à traiter le vote blanc de façon assez paradoxale: il est comptabilisé dans l'énoncé du scrutin, puis oublié dans le calcul des résultats des élections.
Reconnaitre le vote blanc, veut dire qu'il va falloir élargir le droit de révocation , inhérents d'ailleurs au concept de démocratie (gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple). Cela va nécessiter également une requalification juridique  et une prise en compte des motivations du vote blanc.
D'après un sondage du centre d'études et de connaissances sur l'opinion publique , les motivations d'un vote blanc sont principalement :

  • le refus des candidats en présence par 36 % des personnes sondées
  • une hostilité à l'égard de la politique pour 35 % des personnes sondées
  • une difficulté à choisir entre les candidats pour 20 % des personnes sondées
  • un désintérêt (13 % des personnes sondées)
  • le manque d'information pour 11 % des personnes sondées

Majoritairement, les personnes qui votent blanc n'ont pas trouvé parmi les candidats qui se présentent à l'élection celui ou celle qu'ils jugent apte à les représenter. Ce résultat concernant le vote blanc est à rapprocher des sondages sur l'abstention car il s'agit bien là des qualités et aptitudes des candidats tels que les perçoivent les électeurs. Il y a donc là matière à réflexion et un changement radical pour les aspirants et politiciens de métiers.

L'argument de la difficulté de choix entre des candidats, lors du vote blanc, est à rapprocher du sentiment des abstentionnistes que la droite et la gauche, une fois au pouvoir, mène la même politique. Là aussi, les appareils et le personnel politiques - si ils veulent, conformément à leur mission constitutionnelle, favoriser l'expression pleine et entière de la Démocratie - doivent impérativement modifier en profondeur leur manière de servir leurs concitoyens. Pour certains d'entre eux, malheureusement très nombreux, c'est une révolution qu’ils vont devoir faire, car ils ont depuis très longtemps pris l'habitude de se servir de leurs concitoyens et non plus de les servir. En seront-ils capables de leur plein gré ou faudra-t-il que les citoyens les y obligent, tel est l'ampleur du problème auquel nous somme confronté actuellement?

Article 28. Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.

Au regard des résultats des élections cantonales de 2011, on peut se demander si à droite comme à gauche, certains ont bien compris que l'abstention massive, comme le dit Arnaud Montebourg, est

"un sérieux message d'incroyance et de désamour à l'encontre des partis de gouvernement ou aspirant à le redevenir ».

Il va donc falloir réformer le système politique et cela ne peut plus attendre.

Cela peut passer, comme le propose Marc Vasseur, par une remise à plat des différents échelons politiques, par une généralisation de la proportionnelle à tous les scrutins, par une limitation de tous les mandats dans le temps . A cela j'ajouterai, entre autres, une interdiction formelle de cumuler les mandats quel qu'il soit - locaux, régionaux ou nationaux, électoraux ou privés - l'impossibilité pour un élu de se présenter à une autre élection- nationale ou européenne-  tant que son mandat n'est pas arrivé à échéance, une parité socioprofessionnelle représentative du poids réel de chaque catégorie dans la population française, afin que nos assemblées ne ressemblent plus à des « clubs de professions libérales et de riches héritiers », l'instauration de jurys populaires seuls habilités à exercer les contrôles - qu'il porte sur les conflits d'intérêts ou sur les finances publiques - de l'exercice du pouvoir qu'il soit exécutif législatif ou judiciaire, local ou national.
Faute de ces réformes indispensables du système politique actuel, comme l'a très justement dit Ségolène Royal au sujet de l'abstention :

"Aucun démocrate ne peut s’en réjouir. Il ne s’agit pas d’un mouvement d’humeur. Les citoyens se sentent vraiment dépossédés.Un puissant effort de rénovation de la démocratie doit être fait. La politique doit être juste et morale. La gauche doit porter une véritable alternative enthousiasmante. Tels sont les défis que nous devrons relever dans les mois qui viennent si l’on veut que les gens reviennent participer pour choisir une autre voie en 2012".

Si malheureusement les appareils politiques, et surtout la gauche française, n'entreprennent pas très vite ces changements et ne s'engagent pas solennellement à introduire en priorité les modifications du système et du code électoral qui s'imposent, il est à craindre ( ou à espérer) que de plus en plus de citoyens français, même parmi ceux qui sont les plus engagés politiquement, ne transforme leur abstentionnisme et/ou leur vote blanc en révolution...


Une pétition est en ligne pour obtenir la reconnaissance du vote blanc. Pour la signer, c'est ici

Sources : Le Parisien ; l'Express ; Cevifop ; Revue de l'actualité juridique française; Le Monde; Des Idées et des Rêves ; Marc Vasseur ; le Figaro

 

vendredi 11 mars 2011

Cantonales: "La France à peur"!

Enfin quand je dis "la France à peur", c'est surtout les candidats de droite qui ont peur...d'afficher leur appartenance à la majorité présidentielle- voire à la droite en général- et leur soutien ( passé?) à Nicolas Sarkozy!

De quoi ont- ils peur?

Mais tout simplement de ne pas être élus si les électeurs se rendent compte que le candidats souriant et amène qui leur promet monts et merveilles ne fasse , une fois élu, comme Nicolas Sarkozy... A savoir, des promesses qu'il n'a aucune intentions de tenir.

Alors, pendant cette campagne électorale des cantonales, certains n'hésitent pas à avancer masqués et ne se présentent pas sous l'étiquette du parti majoritaire aux élections cantonales. D'autres, comme le Front National, produisent des photomontages faisant croire que des musulmans prient dans des endroits ou ils n'ont manifestement jamais prié  en produisant des photos, publiées sur le site de l'agence Nations Presse.  Cette agence , fondé par Jacques Vassieux et Louis Aliot (vice-président du Front national et récent copropriétaire avec Marine Le Pen d'une maison à Millas, dans les  Pyrénées-Orientales ) qui soutient Marine Le Pen, prétend "diffuser des informations précises, recoupées, aux sources mentionnées et en parfait accord avec l'esprit du Front national".

Bref cachoteries et trucages sont au menu électoral de la Droite Française...

Le Parisien dénombre que "sur quelque 2 000 cantons renouvelables, «1 000 candidats de droite aux élections cantonales ont oublié de mettre leur sigle UMP sur leur affiche électorale".

Mais le Parti Socialiste et le Parti Communiste veillent au grain.

Le Parti Socialiste établit , avec l'aide des citoyens français qui le veulent, le palmarès des trucs et astuces pour cacher son appartenance à l'UMP.
A vous donc d'alimenter le site dédié des "trucs et astuces" que le candidat de la majorité présidentiel de voter canton a trouvé pour masquer son appartenance à l'UMP.
Le Parti communiste, lui, nous demande de venir en aide à ces candidats sans identité politique et de les aider "à retrouver le chemin de leur identité”. Pour ce faire, les internautes peuvent imprimer des étiquettes «certifié UMP», «100% UMP» ou «Appellation d'origine contrôlée UMP», à coller ensuite sur les dites affiches.

Alors, mis à part l'affiche du FN qui fait l'objet d'un transmission  au procureur de la République, pour incitation à la haine raciale, les cachoteries  telles que ne pas annoncer sur les affiches de campagne  le nom du parti politique qui vous finance, ou  utiliser des subterfuges pour que vous ne vous posiez pas la question, sont totalement légal. Le code électoral fixe les dimensions des affiches mais il n'oblige pas les candidats à porter quelque mention que ce soit sur les affiches . Mais vous reconnaitrez que , entre les candidats Centristes ou UMP qui ne portent pas sur leurs affiches l'étiquette de leur parti politique et les candidats du Front National qui truquent les photos pour essayer d'apporter des preuves de leurs propos, la droite nous signifie clairement qu'elle a peur!

La droite nous montre également qu'elle n'hésite devant aucun procédé pour obtenir notre vote et surtout, dans le cas du FN, les subventions publiques .

Financement que les candidats centristes ou UMP se doivent d'obtenir pour" payer leur dime" au parti auquel ils ont fait totale allégeance, en contrepartie d'une “carrière pépère”, bien rémunérée, qui peut, allez savoir, les mener à un poste de sénateur!

Financement dont la FN a grand besoin pour éponger les dettes colossales que , malgré son micro parti , le Cotelec ,  Jean-Marie Le Pen a laissé au FN ! Financement dont Marine Le Pen a grand besoin pour pouvoir payer les 200.000 euros qu'elle doit à l'URSSAF . Une dette qui laisse à  penser que, contrairement à ce que Marine Le Pen ne cesse d'affirmer,  il n'y a pas que les immigrés qui  participent  «de la déstabilisation massive de notre système de protection sociale ".

Et donc , comme lorsque vous allez faire vos courses, je ne saurais trop vous conseiller de bien vérifier l'étiquette du "produit cantonale" qu'on veut vous faire payer, car comme le souligne François Hollande  ils serait bon que ces produits " sans étiquette" soient  immédiatement détruits… A moins que vous n’acceptiez que votre vote n’ait d’autre utilité que de payer les dettes du Front national ou de permettre à des politiciens inconnus de faire carrière à vos frais…

Sources: L’Express; Millas Blog; Le Parisien ; Parti Socialiste; Parti Communiste Français; Politique.net; Bakchich; Le Point; BFMTV;

vendredi 18 février 2011

DSK: une stratégie gaullienne

Ça fait un bout de temps que je me demande à quoi rime le flou artistique dans lequel Dominique Strauss-Kahn - et son entourage politique, y compris au sein du parti socialiste- nous maintient depuis l'annonce qu'il y aura des primaires pour déterminer le meilleur candidat aux élections présidentielles de 2012.

J'ai d'abord essayé d'analyser calmement sa situation, les enjeux qu'il y avait pour lui à déclarer ou à ne pas déclarer sa candidature.
Puis j'ai observé son action au sein du Fonds Monétaire International , les directives de cet organisme, parti prenante de la mondialisation non démocratique (dans la mesure où les dirigeants du FMI, de l'OCDE, de l'ONU, etc. ne sont pas élus par les peuples mais par des corporations), les différentes déclarations du candidat Dominique Strauss-Kahn aux précédentes primaires socialistes, ses actions  en tant que ministre sous la présidence de François Mitterrand, les positions qu'il prenait en matière de réforme économique européenne et française, notamment celle des retraites . Enfin, j'ai essayé d'établir un dialogue avec certains partisans de Dominique Strauss-Kahn, au sein desquels j’ai retrouvé , à ma grande surprise, de nombreux ex soutiens de François Bayrou Clignement d'œil.

De tout ceci, j'en arrive à un constat qui a mis longtemps à émerger mais qui s'impose maintenant à moi comme une évidence :

Faute de pouvoir être présent sur le terrain politique français, Dominique Strauss-Kahn est en train d'utiliser la même technique que celle qu'utilisa en son temps le général De Gaulle.  À savoir que, confortablement installé, à l'étranger, dans des bureaux londoniens, entouré d'autres décideurs internationaux, ce dernier non seulement préparait la libération du territoire français mais également sa prise de pouvoir en France. Pendant ce temps, le peuple français, et en particulier les résistants, risquaient leur vie, souffraient des représailles et des effets immédiats de la guerre d'invasion. Par un réseau habile de communication, De Gaulle a, petit à petit, réussi à s'imposer comme “la voix” et “le sauveur” de la France, ce qu'il n'aurait certainement pas réussi à faire une dizaine d'années avant, si il s'était présenté à des élections. Eh bien voyez-vous, Dominique Strauss-Kahn fait exactement la même chose.

  • Il ne vient pas se battre en France pour les Français, contrairement à Ségolène Royal.
  • Il utilise un réseau bien établi basé sur des organismes de communication, des médias, les instituts de sondage, pour préparer le terrain, et l'opinion, et apparaitre comme le sauveur qui viendra bouter hors de France les envahisseurs ultralibéraux et racistes.
  • Comme De Gaulle, il fait ainsi oublier à tout le monde qu'il n'a pas de véritable programme « personnalisé » pour la France et qu'en fait il travaille actuellement pour ceux-là mêmes qui sont à l'origine de la crise sociale et économique que les Français subissent.
  • Comme De Gaulle qui trouvait sa légitimité dans le fait d'être général, Dominique Strauss-Kahn trouve sa légitimité dans le fait d’être directeur du FMI. Il peut apparaitre comme quelqu'un qui a suffisamment de distance avec le marasme politique dans lequel notre personnel politique patauge
  • Comme pour De Gaulle, certains de ses proches vont s'appliquer à écarter avec plus ou moins de doigté, certains prétendants au poste suprême, afin que leur poulain trouve place nette en arrivant.
  • Et pour agrémenter le tout, la moindre de ses petites phrases reprise à l'envi lui permet, comme le faisait la radio 'libre" de l'époque, d'être présent en France sans être obligé d'y venir. Autre avantage, et non des moindres, c'est que lorsqu'il vient en France, les médias, les agences de presse, telles des midinettes en folie , vont reprendre le moindre de ses petits mots, le moindre de ses petits gestes et s'en faire l'écho.

Et le plus fort, c'est que comme en 1944, la stratégie pourrait marcher et pour les mêmes raisons :
- l'immense fatigue des Français,

- l'immense pauvreté sociale, économique, morale et intellectuelle dans lesquelles depuis plus de 10 ans, de pseudo guerre économique en pseudo compétitivité, la droite libérale embourbe le pays et ses habitants,

- le désarroi profond face à une élite politique sans vergogne qui ne se cache même plus de briguer un mandat électoral uniquement pour profiter d'avantages   et de privilèges  par la mondialisation,
- le besoin de paix et d'avenir pour oublier le marasme de vie que les dirigeants des 30 dernières années n'ont voulu orienter que vers la production et la consommation, n'hésitant pas à prôner l'exode, aujourd'hui appelée mobilité professionnelle,et l'exclusion sociale de ceux qui n'étaient pas aux normes.

Oui, quand bien même les 30 années qui viennent de passer n'ont pas, comme la dernière guerre mondiale, généré des millions de morts - du moins en France- des destructions physiques massives de ville, d'usines, force est de constater qu'elles ont produit au sein de la population la même profonde dépression.

Alors, oui, on pourrait penser que la stratégie du général De Gaulle pourrait servir à DSK pour parvenir à être désigné candidat de la gauche en 2012 et peut-être être élu président de la République.

Sauf qu'il ne faut pas oublier qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, une fois l'euphorie de la libération passée, tout général De Gaulle qu'il était, le « sauveur » de la France s'est vu imposer, au travers du plan Marshall, un plan de redressement économique par une puissance étrangère,les États-Unis, qui en a profité pour nous imposer son modèle d'organisation du travail, ses industries et ses produits, l'hégémonie de sa monnaie, etc. Heureusement pour nous que le Conseil National de la Résistance a su imposer à ce moment-là son projet social et constitutionnel !

Je ne vois pas, alors que nous somme quasiment dans la même situation que celle de l'immédiat après guerre, à quel titre Dominique Strauss-Kahn, tout président du FMI, ou “ brillant économiste”  , ou “ fin stratège “  qu'il puisse être, pourrait faire mieux - ou pire - que le général De Gaulle. Son programme électorale sera-t-il un plan Marshall new look?

Je me méfie énormément de cette mondialisation et de cette gouvernance mondiale dont beaucoup nous parlent, et à laquelle Dominique Strauss-Kahn coopére en étant directeur du FMI, sans jamais aborder à aucun moment la question de l'élection de représentants du peuple dans ses instances. En dehors du parallèle avec la stratégie gaullienne, quand j'entends dire que Dominique Strauss-Kahn souhaiterait être désigné comme le candidat socialiste sans avoir à passer par les élections primaires , quand je lis que certains de ses soutiens incitent des candidats déclarés à retirer leur candidature pour laisser le champ libre à Dominique Strauss-Kahn, ce manque d'esprit démocratique, de respect du processus électif, provoque chez moi une méfiance énorme et un rejet massif de la candidature de Dominique Strauss-Kahn.

Sources: FMI; Libération; Les Moutons enragés; France2; Challenges; France5; Observatoire des inégalités;Herodote; L’Express; Arte; Le Post

mercredi 16 février 2011

Voter Dominique Strauss-Kahn, pas ce soir, j’ai la migraine !

Le microcosme médiatico-politique vibre d'espoir, de supputations. Certains journalistes et blogueurs se transforment en "liseuse de la boule de cristal ayant la foi du charbonnier"...

Tout ça pourquoi ?

Tout simplement parce que, depuis hier, le bruit circule que Dominique Strauss-Kahn, va probablement parler dimanche, lors du journal télévisé de France 2. Il me semble que Dominique Strauss-Kahn n'étant pas muet, il parle tous les jours, à de nombreuses occasions et dans de très nombreux médias. Ça n'est donc pas le fait qu'il parle qui met en ébullition tous ses fans. Ce doit être l'espoir qu'enfin il se décide à annoncer, à l'occasion d'une question subtile de Laurent Delahousse, qu'il présente sa candidature aux prochaines élections présidentielles françaises de 2012. Car, à observer les réactions des uns et des autres, nul doute qu'aucun ne pense un seul instant qu'il puisse choisir de ne pas répondre, comme il le fait depuis bientôt un an, ou déclarer qu'il ne sera pas candidat.

Et pourtant, c'est oublier que si Dominique Strauss-Kahn est en France le prochain week-end, c'est en tant que patron du fonds monétaire international et qu'à ce titre, il participe à une réunion des ministres des finances du G. 20. Il ne vient donc pas en France pour y faire une déclaration sur sa candidature mais dans le cadre de sa fonction au FMI. Ce qui justifie tout à fait qu'il puisse intervenir à la télévision française, sans déroger à son obligation de réserve sur la politique française. De même que répondre aux réagir aux nombreuses attaques personnelles dont il a été la cible depuis le week-end dernier , ne saurait en aucun cas être considéré par les instances du FMI comme un manquement à ses obligations de réserve sur la politique française. Le FMI sait tout de même faire la différence entre la Politique d'un pays et les politiciens de ce dernier. Mais pour le reste, une déclaration de candidature, un commentaire politique sur la situation sociale et morale de la France, je pense qu'il ne faut pas y compter.

D'abord parce que Dominique Strauss-Kahn, lorsqu'il a été nommé à la tête du FMI en 2007, s'est formellement engagé à mener à bien des réformes au sein du FMI, insistant sur la responsabilité qu'il prenait. Ces réformes n'étant pas terminées, loin de là, il serait très malvenu, pour quelqu'un qui prétend assumer la responsabilité de la présidence de la république française, de manquer à sa parole. Cela aurait un très mauvais effet vis-à-vis des puissances étrangères et sur l'intérieur.

Je crois aussi que si Dominique Strauss-Kahn tergiverse autant pour se décider à annoncer sa candidature, c'est parce qu'il n'a pas de programme réellement socialiste a présenter aux électeurs. Il a donc tout intérêt à se déclarer candidat le plus tard possible, afin que le moins de monde possible ait le temps, avant le scrutin de 2012, d'analyser, de comprendre, d'évaluer le programme qu'il pourrait présenter et de se rendre compte éventuellement qu'il a très peu à voir avec les attentes d'une gauche « pure et dure ».

Mais, me direz-vous il y a les déclarations d'Anne Sinclair, et de tant d'autres proches de Dominique Strauss-Kahn, qui font planer le doute sur sa possible candidature.

Je sais, certains envisagent même qu'au détour d'une question sur cette déclaration, Dominique Strauss-Kahn laissera échapper une de ces phrases sibyllines qu'il manie si bien, laissant entendre que, oui il pourrait être candidat, ou pas... C'est possible, mais personnellement, ça ne fera que renforcer ma conviction que cet homme n'est absolument pas digne que je vote pour lui. Et à plusieurs titres d'ailleurs :

  1. d'abord parce que j'ai en mémoire une interrogation d'un des « lieutenants officiels » de Dominique Strauss-Kahn qui se demandait, il y a quelques mois, sur Twitter : « comment créer du désir ? »

Telle était donc la préoccupation d'un proche de Dominique Strauss-Kahn, alors que 5 millions de Français sont au chômage sans espoir de trouver un travail, connaissent la misère, que des millions de jeunes Français n'ont aucune visibilité sur leur avenir social et professionnel, que le pays affronte un pillage systématique de son patrimoine et de ses finances et que des pans entiers de ses valeurs républicaines et démocratiques sont démolis un peu plus chaque jour sous la pression conjointe d'extrémistes de droite intégriste et de politiciens décomplexés. Et je crois qu'aujourd'hui, les mêmes essayent toujours, en tirant sur les mêmes ficelles, de créer du désir... Ce que je trouve affligeant.

  1. Ensuite parce que j'aime les gens francs, j'aime les gens décidés, j'aime les gens qui s'exposent au risque, en deux mots jeunes gens courageux. Je n'aime pas la coquetterie qui consiste, alors que pour mes compatriotes la situation est désespérée, à se faire désirer et envoyer les autres au front en attendant qu'on se décide à lâcher la proie pour l'ombre.

Or il me semble que les tergiversations de Dominique Strauss-Kahn, depuis plusieurs mois, au sujet de sa candidature à l'élection présidentielle, sont la démonstration d'un énorme manque de courage. Dominique Strauss-Kahn est certainement tiraillé entre les engagements qu'il a pris en acceptant de présider aux changements au sein du FMI, et l'envie, si ce n'est la sienne du moins celle de ses proches, d'accéder à la fonction présidentielle française. Mais, s'il était un vrai homme d'État, et non un homme d'appareil, un homme de décision et non un homme de compromis, pour ne pas dire de compromission, si il était conscient du besoin de changements profonds qu'expriment les Français actuellement et désireux de mener à bien ce changement, il n'hésiterait pas autant.

  1. Je n'ai surtout pas apprécié que, alors que les 40 000 ukrainiens faisaient face à une grave crise sanitaire liée à des maladies pulmonaires graves, le même Dominique Strauss-Kahn ne se dise uniquement inquiet que l'augmentation du salaire minimum en Ukraine.. Comme je n'apprécie pas non plus le comportement du FMI, ces derniers temps, en Grèce, pour les mêmes raisons que celles qu'a données M. Papandréou.

Une des qualités premières d'un socialiste digne de ce nom, c'est l'humanité. Le 30 octobre 2009, Dominique Strauss-Kahn en a manqué de toute évidence. Une des qualités d'un socialiste digne de ce nom, c'est le partage des richesses. Et en ce moment, compte tenu de l'attitude de ses subordonnés en Grèce de leur injonction à dépouiller les citoyens grecs de leur pouvoir de décision et de leur patrimoine au profit de quelques multinationales dont nous méconnaissons le nom des principaux propriétaires, mais que Dominique Strauss-Kahn doit bien connaitre.

  1. Qui plus est, je trouve que l'arrivée d'Anne Sinclair dans le champ de la politique intérieure française , aussi indépendante une femme de gauche puisse-t-elle se prétendre de son époux, est fort déplaisante.

Cette intrusion me paraît aussi déplacée que celle de l'ancienne épouse et de la nouvelle épouse du président de la république actuelle et s'apparente fort à une tentative de personnalisation du pouvoir que je trouve personnellement intolérable. Il me semble d'ailleurs que certains qui soutiennent aujourd'hui Dominique Strauss-Kahn se sont dressés sur leurs ergots, lors de la dernière campagne des élections présidentielles, en critiquant Ségolène Royal à ce sujet. Il semble qu'aujourd'hui ils aient oublié leur indignation...

  1. Enfin , parmi les qualités dont on affuble Dominique Strauss-Kahn, la seule qui fasse l'unanimité à droite, comme chez certains de ses soutiens au parti socialiste, c'est sa compétences en matière économique. On le prétend également fin joueur d'échecs, excellent stratège. Ce ne sont pas les qualités que j'attends du ou de la future présidente de la République.

Je ferai tout de même remarquer que jamais, au grand jamais, Dominique Strauss-Kahn ne s'est élevé, n'a alerté les Français de l'imminence d'une crise économique telle que celles que nous venons de vivre. Si compétences en matière économique il y a de sa part, c'est certainement la compétence à faire en sorte que perdure le système économique mortifère,dans lequel nous vivons depuis les années 30. Système qui enjoint les pays à s'endetter, à brader les monopoles d'État au profit d'intérêts particuliers, au prétexte de rembourser des dettes que seule une poignée de décideurs ont décidées de faire. Dominique Strauss-Kahn ne s'élève à contre les pratiques d'ingérence de ses subordonnés dans la politique intérieure des pays que le FMI aide financièrement. C'est donc qu'il est totalement d'accord avec ces pratiques et l'appauvrissement du patrimoine commun de l'ensemble de la population grecque. On peut donc en déduire que si, par malheur, il accédait à la fonction de chef de l'État français, il accepterait, de la même façon que le fait Nicolas Sarkozy, que la France soit totalement dépossédée de ses biens au profit de nébuleuse financière dont il connait très certainement les possesseurs.

Certains seront probablement choqués de me voir faire la comparaison entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn. Je vais leur fait encore plus de mal car, comme Nicolas Sarkozy, je crois que Dominique Strauss-Kahn est fin manœuvrier, habile à louvoyer, à masquer ses intentions réelles, c'est-à-dire très peu franc. Or le meilleur moyen de ne pas prendre les citoyens d'un pays pour des incapables, de ne pas les infantiliser, c'est d'être franc avec eux: sur la situation REELLE du pays, sur les VRAIS enjeux pour CHACUN d'entre EUX, sur la réalité des sacrifices qu'on demande A TOUS, sans exception, de faire et sur l'impact immédiat que les décisions, qu'on prend en leur nom, aura sur leur vie quotidienne, leur avenir et celui de leurs enfants.

Il n'y a pas plus de différence, en plus, entre le comportement les “fans” de Nicolas Sarkozy et ceux de Dominique Strauss-Kahn. C'est le même aveuglement, le même manque de discernement qui les anime. Idem pour l'entourage politique de Dominique Strauss-Kahn. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais aucun de ses "supporters" n'est capable de développer un élément de programme de gouvernance. Au mieux ils vous envoient vers des déclarations de DSK vieilles d'il y a 5 ans! On a l'impression qu'ils attendent tout de lui, jusqu'à la moindre virgule du programme... Comme les ministres et les députés de la majorité présidentielle actuelle attendent les éléments de langage que leur envoient les conseillers en communication de l'Élysée. C'est là une conception du rôle d'un candidat, d'un président de la République, d’une majorité présidentielle, dont nous devrions tous nous méfier, compte tenu de l'expérience désastreuse que nous venons de faire avec Nicolas Sarkozy et UMP.

Cette finesse stratégique, que d'aucuns reconnaissent à Dominique Strauss-Kahn, me semble malgré tout un très lourd handicap. En effet, outre un problème de positionnement réellement Humaniste, Social, Démocrate et Républicain, c'est d'un excès de stratégie, d'un manque de spontanéité, dont souffrent les socialistes actuels. Ils calculent trop. Ils ont trop le nez sur les tableaux de "bord économique", mondiaux ou nationaux, sur les sondages, sur les statistiques, et cela les empêche de prendre conscience de la situation, sociale, professionnelle, culturelle, réelle d'un grand nombre de Français. Je suis, du reste, convaincue que bon nombre de ces socialistes ne partage les idées des fondateurs socialistes que dans la mesure où elles ne viennent pas empiéter sur leurs ambitions personnelles, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas capables de faire le moindre sacrifice de leur bien-être pour permettre aux moins bien lotis d'accéder au minimum vital.

Je pense sincèrement que la France a largement dépassé le cap ou un simple bon gestionnaire, un simple bon économiste, ou un simple bateleur, permettra de faire en sorte que le pays s'adapte, non pas à la compétitivité et à la mondialisation ( ce qui semble le seul objectif de certains de nos politiciens) , mais à un changement radical d'orientation des choix politiques à long terme. Car c'est de cela précisément dont nous avons besoin : avoir une vision d'un avenir serein, équilibré, équitable, humain, dans lequel chacun, du plus jeune jusqu'aux plus vieux, puisse satisfaire ses besoins essentiels et accéder à la culture de son choix en sachant que la nature, la planète n'en souffriront pas, que chacune de leur possession ne nuira à autrui.

Et en cela, je suis convaincue que Dominique Strauss-Kahn n'est absolument pas le candidat qui permettra un tel changement. Il peut bien dire ce qu'il veut dimanche, mais, tant que je n'aurais pas sous les yeux son programme de gouvernement, mis à disposition avec tout le temps nécessaire pour en étudier les tenants et les aboutissants, je ne suis pas prête de voter pour lui, quand bien même on m'inciterait à le faire au prétexte de vote utile ou de l'intérêt de la Gauche.

Vous l'aurez compris, ce ne sont pas quelques postures communicationnelles qui sauraient me convaincre, pas plus celle de Marine Le Pen, que celle de Nicolas Sarkozy ou de Dominique Strauss Kahn. Je suis formellement attachée à la politique par l'exemple, par  la preuve et par les résultats....  Or avec Dominique Strauss Kahn- comme pour les deux autres d’ailleurs- exemples, preuves et résultats font pencher la balance de mon choix en sa défaveur.

Sources: Le JDD; Le Monde; OZAP; Le Matin; Marianne2; Le Figaro

dimanche 13 février 2011

La représentation politique des classes modestes

Que faudrait-il faire pour assurer en France une meilleure représentation politique des classes sociales, notamment des classes sociales les plus modestes ?

Telle est la question que pose Stef sur son blog, dépassant ainsi le simple constat que font de très nombreux analystes de la situation politique française.

Pour tenter de répondre à cette question importante, après avoir repris quelques éléments du constats, et avant d'en arriver aux solutions possibles, je ferais un détour par l'examen de certains concepts qui donnent du sens à la notion de "représentation politique" et par une tentative d'analyse des causes qui ont amené au constat actuel.

1) Les constats

- L'abstentionnisme gagne du terrain

Une partie importante du corps électoral ne se déplace pas pour voter. Sans même tenir compte de ceux qui ne s'inscrivent pas sur les listes électorales...

- La représentation politique du peuple n’a pas grand-chose à voir avec sa représentation sociologique

Les travaux du sociologue Pierre Birnbaum (La classe dirigeante française, PUF, 1978), montrent que la classe dirigeante française contemporaine forme un ensemble clos et replié sur lui-même, qui se caractérise par une grande homogénéité culturelle, sociale et socioprofessionnelle. Cette homogénéité donne l'impression qu'en France il n'y a plus de démocratie mais une oligarchie.

- plus le « niveau géographique » d’un mandat est élevé, moins les catégories modestes sont représentées. D’où sans doute ce décalage douloureux qu’on ressent entre « peuple » et « élite »

- les catégories "ouvrières-employées" sont nettement sous représentées au regard de ce qu'elle représente réellement dans les statistiques sur la population française (33,8%)

- le secteur des cadres et ingénieurs des professions intellectuelles supérieures qui elles ne représentent que 13 % de la population active sont très largement représentées dans les hautes instances nationales

- Le secteur primaire (agriculteurs) est stable.

En savoir plus: Abel François & Emiliano Grossman, « Qui sont les députés français de la Ve République ? », La Vie des idées, 21 janvier 2011. ISSN : 2105-3030.

- Les Français n'ont pas confiance, à 76 %, dans les partis politiques et, à 52 %, dans les syndicats.

Le militantisme politique a, de tout temps, peu concerné les Français et les organisations politiques ont toujours connu de fortes variations d'effectifs. Selon les recoupements de Colette Ysmal (« transformation des partis et declin du militantisme », in "l'engagement politique, declin ou mutation") , le « taux de pénétration » (nombre d'adhérents/population de 18+) a fluctué tout au long de la Vème république . De 2,6% en 1982, il est retombé, à partir de 1986, à 1,7 %.

Dans les années 40, le taux de syndicalisation et de militantisme politique était très élevé dans les catégories ouvriers et employés, il tend, à l'heure actuelle à devenir faible voire inexistant. En En 2003, il était de 8 %, en 2005 à 7,6 %, en2008 taux de syndicalisation entre 7 et 8 %, traduisant depuis une décennie une stabilité, après un long processus de recul amorcé au milieu des années 70

D'après une étude du ministère du travail sur la syndicalisation (DARES, octobre 2004), le taux de syndicalisation dans les entreprises de moins de 50 salariés est de 3,5 % (contre 5,2 % dans le secteur privé) ; il n'est que de 2,4 % chez les salariés en CDD ou en intérim (contre 9,5 % chez les salariés en contrat à durée indéterminée et à temps complet

En savoir plus: Les mouvements sociaux, laboratoires de la démocratie (PDF - 180.2 ko) par Daniel Mouchard

2) Qu'est ce que la représentation politique? à quoi est-elle liée?

La représentation politique, par la voix de l'élection, poursuit deux buts.

  1. Faire en sorte que le peuple reste la source de la loi en exprimant sa volonté souveraine au travers du mandat qu'il donne à ses représentants.

  2. Permettre l'articulation entre la société civile et l'État en légitimant les « mandataires » et les représentants de l'autorité de l'État censé servirent le bien commun et appliquer la loi sur des individus libres et égaux..

Cependant, au-delà de ces deux principes, force est de constater qu'en France, le mandat impératif a été écarté au profit du mandat représentatif et que ce choix a généré une perversion du système. En déchargeant les élus de toute contrainte, le législateur a certes voulu faire en sorte que l'élu soit libre de ses votes, que le contrat entre les électeurs soit un contrat moral, mais ce faisant, il a permis à bon nombre d'élus de se considérer comme détenteur d'un blanc-seing, comme expert politique dont les votes "en son âme et conscience" ne sont régis par son libre arbitre. Le seul contrôle et la seule sanction que le peuple électeur peut leur appliquer en cas de désaccord sera la non réélection à échéance de leur mandat.

En savoir plus: La représentation politique

Les différents constats faits précédemment viennent heurter les principes d'égalité et de souveraineté, inclus dans la définition des concepts de Démocratie et de République . En effet, ils montrent qu'une large partie du peuple ne détient pas et ne contrôle pas le pouvoir et qu'il existe, de fait, une distinction du à la naissance, à la richesse, à la compétence... Entrainant la conclusion que la France n'est +1 république démocratique mais une oligarchie , puisqu'une partie de la population ne peut pas présenter de candidat aux élections .

En savoir plus: Les élections, la représentation et les partis politiques -Filon Morar

3) Eléments d'analyse

La baisse du militantisme politique et syndicale, qui favorise l'implication politique et l'envie d'avoir des représentants qui vous ressemblent, peut s'expliquer par plusieurs faits :

- l'État s'impose progressivement, en tant que 3° interlocuteur, dans le dialogue social qui initialement s'établissait uniquement entre le patronat et le salariat. Il est fort probable que l'arrivée de ce tiers- censé servir le bien commun- dans la lutte que se livrent depuis des décennies les salariés et les employeurs, a joué un rôle dans la décroissance de la mobilisation des salariés.

- La bureaucratisation des organisations politiques et syndicales les a transformés en institutions, peu réactives, plus prompte à défendre les acquis de leur « permanent » que ceux de leurs adhérents. Cette bureaucratisation pyramidale a totalement inversé les rapports de pouvoir. Les donneurs d'ordre ne sont plus les adhérents, mais les dirigeants des structures politiques et syndicales

- depuis les années 1970, le chômage grandissant est "un coin" enfoncé dans la cohésion sociale de catégories socioprofessionnelles qui, jusque-là, avait parfaitement compris que le syndicalisme et le militantisme étaient des moyens de lutter collectivement pour obtenir des acquis, et surtout, empêcher que ces acquis ne soient supprimés en cas de changement de tendance politique au Parlement .

- La montée du chômage mais aussi la facilitation des délocalisations et des licenciements que le Parlement a autorisé, au détriment de 33 % du peuple français, a eu pour conséquence une dégradation de la représentation sociale que la classe dirigeante renvoyait aux individus.

- Les transformations, liées à l'informatisation des postes de travail, à l'automatisation des tâches et l'implantation systématique de la bureautique, dans le secteur industriel et dans les services, ont entrainé chez les ouvriers et les employés, ainsi que chez les techniciens qualifiés, une dévaluation de leur capital culturel .

- Parallèlement, l'introduction de méthodes d'organisation du travail, s'inspirant du taylorisme et du fordisme, ont cassé ce que les anciens appelaient « l'esprit d'équipe », ont morcelé le travail, brisant la relation de travail homme/homme, au profit d'une relation homme/machine.

La succession des faits, décrits ci-dessus, se matérialise aujourd'hui par une érosion, chez l'individu, de la confiance en lui et de la confiance dans l'action collective. Cette érosion explique probablement pourquoi les classes sociales touchées par la perte de leur capital culturel, la dégradation de la représentation sociale que leur renvoi la classe dirigeante, ne se reconnaissent plus dans le choix politiques qu'on leur propose ( impose?), ni dans l'action collective (syndicale ou partisane) et se mobilisent peu à l'occasion des périodes électorales.

Au-delà de ces quelques éléments d'analyse psychosociale, d'autres explications beaucoup plus pragmatiques peuvent être données pour tenter d'expliquer pourquoi les classes sociales les plus modestes ont peu de représentants politiques issus de leur « rangs ».

Quand bien même un jeune ou un vieil ouvrier est fortement motivé pour mener un combat politique et se présenter à une élection, il va lui falloir maitriser, disposer de, trois moyens : du temps libre, de l'argent, des relations.

La plupart du temps, les relations vont lui être fournies par le parti politique sous l'étiquette duquel il se présente. Mais quand est-il du candidat « non encarté » ? Il va lui falloir trouver dans son entourage un nombre conséquent de personnes pour s'occuper du back office de sa campagne et distribuer aux électeurs les tracts qui le feront connaitre ainsi que sa "profession de foi", etc... Voilà déjà un premier frein à une candidature une libre.

Quand bien même notre candidat indépendant a à sa disposition le réseau de personnes nécessaires, il va lui falloir disposer de temps libre pour faire campagne. C'est là une contrainte commune à tous les candidats. Mais, selon qu'il appartient à la catégorie des salariés, des professions libérales, des cadres, ou à des professions indépendantes qui ont la faculté de gérer librement leur temps de travail, sans contrôle hiérarchique, la contrainte va être plus ou moins pesante. Je ne vous parle même pas d'un chômeur ou d'un travailleur à temps partiel obligé d'utiliser son temps libre à rechercher un emploi...

C'est malheureusement la réalité de beaucoup d'ouvriers et d'employés, voire même d'anciens agents de maitrise, qui actuellement n'ont pas le temps nécessaire pour se consacrer à l'action politique. Ça ne veut pas dire pour autant qu'ils n'ont pas envie ni compris la nécessité de mener ce type d'action. Cela veut simplement dire qu'ils ont d'autres priorités à gérer.

Mais admettons que notre candidat dispose d'un capital temps pour mener campagne. Une autre question non négligeable à se poser à lui: La question du cout financier

Compte tenu du cout exorbitant de certaines campagnes électorales, et du peu d'aide financière que certains partis politiques apportent aux candidats, il va lui falloir disposer d'une somme d'argent conséquente. Ce qui n'est pas le cas de bon nombre d'ouvriers, d'employés, de salariés de la classe moyenne basse.

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que peu importe que notre candidat soit "candidat libre" ou pas, dans beaucoup de partis politiques, c'est le candidat lui-même qui avance les fonds nécessaires pour mener une campagne.

4) Les solutions de changement

Loin de moi l'idée de vouloir forcer qui que ce soit à s'intéresser à la chose politique, notamment en rendant le vote obligatoire ou en stigmatisant les abstentionnistes. Je ne pense pas que ce soit le genre de comportement qui rétablira la confiance et redonnera l'envie de s'investir dans l'action politique et en particulier dans la représentation électorale.

Globalement, je pense qu'il faut que nous réfléchissions tous à la situation actuelle et en particulier à la déviance, que permet le mandat représentatif, qui aboutit actuellement à une situation où notre Parlement, ressemble plus à un congrès corporatiste qu'à une représentation de la Nation. Je doute fort que le plus grand nombre de nos représentants soit suffisamment désintéressés ou altruistes pour, en changeant la situation actuelle, scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Malgré tout, on peut aisément lever les deux freins que représentent le temps et le cout, en mettant en place des lois, des pratiques, des principes, qui permettent aux classes sociales modestes de s'investir dans le champ de la représentation politique.

Pourquoi ne pas, comme cela a été fait pour les représentants syndicaux, permettre à un salarié de disposer, sur son temps de travail, d'un « temps de campagne à plein salaire » ? Bien entendu il n'est pas question que ce temps de campagne représente une perte de revenus pour le salarié ou une quelconque amputation de ses congés payés. Disons que cela représente la part d'investissement des entreprises à leur DEVOIR citoyen... Au lieu de faire du lobbyisme auprès des élus, elles permettrons ainsi que tous les citoyens aient des représentants politiques de toutes les classes sociales. Cette solution, a peaufiner, règlerait la question du manque de temps auxquels sont confrontés les salariés. En ce qui concerne les chômeurs à faible qualification et faible indemnisation, on pourrait considérer que leur candidature à une élection politique est régie par les mêmes textes qui valent aux partis politiques un financement de la part de l'État. Car en étant candidat, quand bien même candidat libre, notre chômeur participe tout autant au développement de la démocratie qu'un parti politique. Il me parait donc logique qu'il bénéficie des mêmes avantages financiers que ce dernier. De même qu'il pourrait bénéficier de formations gratuites, ciblées lui permettant d'acquérir les bases en matière constitutionnelle, législative, civique, Etc., qui lui permettront de mieux appréhender la tâche qui l'attend si il est élu.

Pour soulager les candidats libres, suivant leurs revenus, moyennant une déclaration de "candidature libre" au moment de leur dépôt de candidature en Préfecture, on pourrait mettre en place un système qui leur permette de se présenter à des élections en bénéficiant d'un support financier immédiat (du type avance sur dépenses) qui prendrait en charge leurs frais, qui pourraient consister en une aide matérielle, et éventuellement logistique, pour qu'il puisse se présenter sans être obligé de s'endetter.

Il me semble également que, pour ce type de candidature, on pourrait faire en sorte que l'État raccourcisse les délais de remboursement des frais et surtout baisse le quota de vote nécessaire au déclenchement du remboursement. Car il me semble très peu équitable qu'on exige des candidats libres, pour leur rembourser leurs frais de campagne, alors qu'ils partent avec un handicap important au regard des moyens des partis politiques, de leur appliquer la règle du nombre de votants pour déclencher le remboursement de leurs frais. Dans mon esprit, il n'est pas question d'appliquer cette règle aux partis politiques ou aux candidats bénéficiant d'un revenu (du travail ou autre) suffisant au regard des barèmes fixés par l'État .

Reste le dernier frein: la restauration du capital culturel.

Il s'agira de revaloriser, au sein des classes sociales les plus modestes, leur confiance en elle-même, en leur savoir et leur savoir-faire, en leur expérience, en leur expertise et en leur capacité d'initiative et de créativité en matière de solutions concrètes aux problèmes que pose la vie de la cité, c'est-à-dire aux problèmes de politique.

À mon avis, ça n'est pas en allant leur porter la bonne parole, mais en les rencontrant dans le cadre de réunions participatives, en écoutant et en mettant en valeur leurs suggestions, en favorisant l'expression de leurs besoins sans s'y opposer immédiatement des arguments de technocrates, bref, en les considérant comme toute autant capables que n'importe quel avocat, médecin, commerçants, éleveur, de réfléchir, d'analyser des problèmes et d'y apporter des solutions concrètes. Nous avons de très nombreux exemples, au Brésil, dans certains pays d'Afrique, en Inde, et même dans certains quartiers de grandes villes françaises, qui prouvent qu'une telle démarche permet à des populations souvent mises à l'écart de la décision politique de s'intégrer, de s'approprier le champ politique et ne s'investir dans la représentation politique.

Conclusion

Les propositions que je fais sont techniquement faciles à mettre en place. Je ne pense pas qu'elles coute énormément d'argent à l'État, du moins pas plus que ne lui coute l’entretien des partis politiques dans lesquelles les Français n'ont pas confiance.

J'ai bien conscience des oppositions qui surviendront inéluctablement à de tels changements notamment de la part des employeurs et de la part des professionnels de la politique qui pourraient voir d'un mauvais œil l'arrivée de concurrents qu'ils ont tous fait jusqu'à présent pour écarter. Mais la vie de la démocratie est à ce prix.

Une note d'espoir tout de même, en prenant l'exemple d'Annie David , qui, bien qu'issue d'un milieu extrêmement modeste, grâces à sa très forte motivation, à la mobilisation de sa mère, de ses proches, est parvenue à remporter son siège de Sénatrice, devenant ainsi la plus jeune Sénatrice de France.

Ce que quelques autres en disent: Marc Vasseur , Romain Pigenel , Romain Blachier ,Juan , Dagrouik , Yann ,Nicolas , Seb Musset ,Dedalus ,Juju , Melclalex , Gabale

Sources: ENS-Lyon;Gabale; INSEE ;La Toupie ; Chez Louise ; Persée; Spires; Ebooks; Wiki; . La vie des Idées; Assemblée Nationale