mercredi 1 juin 2011

Propos de Luc Ferry: Dominique Paillé regrette le bon vieux temps.

Commentant les propos de Luc Ferry sur sur une affaire de mœurs étouffée il y a plusieurs années Dominique Paillé a dénoncé des propos «déplorables» . Il a, par ailleurs, regretté la fin d’une époque:

«On ne reviendra plus à la méthode d'avant, malheureusement, celle qui garantissait une certaine quiétude pour ce qui concerne la vie privée des hommes publics» .

A “la méthode d'avant” quand c'était le bon temps!

Et bien justement, tiens parlons en de la méthode d'avant... et surtout de celle de Dominique Paillé qui se pose aujourd’hui en donneur de leçon…amnésique.

Et donc Monsieur Paillé regrette le bon temps ou il pouvait se permettre de qualifier la présidente de la région Poitou-Charentes de "complètement illuminée" au "comportement délirant" dans un article à l'ex-candidate à la présidentielle intitulé "Ségolène Royal, folle du Poitou ?" du magazine Causette.

Avait-il des preuves de ses propos, une expertise quelconque pour se permettre de les tenir? NON! Il agissait ni plus ni moins, comme celui qu'il critique aujourd'hui....

Il regrette le bon vieux temps ou il qualifiait la même personne d' "enfumeuse de première parce qu'elle raconte n'importe quoi" 

La non plus pas de preuve, que des propos insultants...

N'est ce pas lui qui avait traité un peu trop vite S.Royal de menteuse, au sujet de sa mission au PNUD , alors que le patron du PNUD a confirmé que S.Royal avait bien une mission au sein du PNUD...

Vous reconnaitrez qu'en matière de propos déplorables garantissant la quiétude ... M.paillé est très loin de pouvoir se poser en donneur de leçon et que lui non plus n'hésite pas à travestir la vérité à sortir du champ stricte de la parole politique pour investir amplement celui de l'insinuation, de l'injure et de la désinformation. En cela, lui et Luc Ferry, comme énormément de gens de la droite UMP/FN , sont des orfèvres en la matière!

Le ridicule ne tue pas D.Paillé en est la preuve!


Sources: 20 minutes; Le Monde; Le NouvelObs

Ségolène Royal, Luc Ferry, Marrakech, Dominique Paillé, Moeurs

jeudi 21 avril 2011

C'était un 21 avril, il faisait beau et certains tentaient de me persuader de « voter utile »

En lisant les derniers billets en date d'Intox2007  et de Melclalex  , je me suis souvenue de ce 21 avril 2002, du résultat du premier tour de l'élection présidentielle à l'issue duquel le candidat socialiste Lionel Jospin était éliminé , laissant en lice pour le second tour Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Ce qui revenait, de mon point de vue, a demander aux électeurs de choisir entre Charybde et Scylla, entre la peste et le choléra.

Je me souviens de la déplorable réaction de Lionel Jospin, prenant acte de ce résultat du premier tour et de mon soulagement en l'entendant, déclarer qu'il se retirait de la vie politique.

Car ce 21 avril 2002, j'en voulais à Lionel Jospin premier ministre, à ses successifs ministres des finances que furent DSK et Laurent Fabius, à des prétendues socialistes comme Pierre Mauroy, Jean-Pierre Chevènement,Martine Aubry, Élisabeth Guigou,  Marylise Lebranchu, d'avoir transformé le parti socialiste en un parti de centre droit, d'avoir sacrifié l'idéal humaniste (si tant est que ces gens-là l'aient un jour partagé) du socialisme initial au profit de l'idéal économique libéral.

Ce faisant, ils sont certes devenus d'excellents gestionnaires, mais ça n'était plus pour assurer à l'ensemble de la population une qualité et un niveau de vie épanouissant. C'était bien plus pour rassurer les marchés, favoriser la mondialisation et la dérégulation économique tout en essayant de maintenir une paix sociale absolument nécessaire pour que ces réformes profondes de notre société puissent se faire en toute opacité et sans demander l'avis des citoyens.

Alors certes, on peut mettre au crédit des gouvernements Jospin d'avoir mis en place les 35 heures sans perte de salaire, les emplois jeunes, des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la CMU, l’APA, le PACS, la parité. On peut leur reconnaître d'avoir fait retomber le chômage sous la barre fatidique de 2 millions (tout de même) de chômeurs. On doit reconnaître, si l'on veut rester objectif que c'était qui a su équilibrer les comptes sociaux et qu'elle a mis en place une police de proximité dont l'action positive ne peut être niée.

Mais dans ce bilan, il ne faut pas oublier que le gouvernement Jospin a amputé la France d'une grande partie de son patrimoine et de ressources financières importantes en privatisant à tour de bras.

Privatisation des banques et assurances publiques ont été amorcées, facilitées, préparées par le gouvernement Jospin et sa majorité présidentielle. Il en va de même pour des secteurs comme l'énergie (EDF), les télécommunications et les multimédias (France Telecom et Thomson), la construction et le transport aérien (Airbus, Air France). Nous voyons, neuf ans après, en consultant la terrible augmentation permanente de nos factures, et en la comparant avec la stabilité qu'elles avaient avant la privatisation, à quel point nous avons été lésés par ses décisions du gouvernement Jospin et en observant l'accroissement perpétuel du déficit des caisses de l'État, à quel point les finances publiques, et donc l'ensemble des citoyens français au travers des impôts et des taxes, pâtissent du manque à gagner que ces privatisations ont généré.

Au-delà des privatisations, j'avais encore en tête la désinvolture  avec laquelle Lionel Jospin avait pris position , en 1989, lors de l'affaire du plan social de Michelin . Entendre un premier ministre socialiste déclarer « L'Etat ne peut pas tout », constater que malgré cela il a la prétention d'être président de la république, c'est une atteinte à l'intelligence.

Entendre le même prétendre depuis Villepinte en octobre 1997  que "la première des libertés, c'est la sécurité" , bafouant ainsi la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui loin de priorité nos libertés, met à égalité la sécurité, ou "sûreté",  avec la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression, c'était, aller à l'encontre de de la défense DES libertés, entrer dans le discours traditionnel de la droite conservatrice et outrepasser la "Lettre à tous les Français" (1988) de François Mitterrand, qui lui valut d'être réélu et dans laquelle le discours sécuritaire était absent.

Alors, ce 21 avril 2002, lorsque je ne suis pas allée voter pour soutenir Lionel Jospin, c'est parce que j'avais non seulement en tête les privatisations qu'il avait décidées mais également parce que, au travers de ce qui s'était passé dans d'autres pays, je savais qu'inéluctablement cette décision n'avait rien à voir avec l'étiquette socialiste et serait préjudiciable à la France et aux Français, notamment les plus modestes d'entre eux.

Dès lors, c'est un choix assumé, éclairé que j'ai fait ce jour là en m'abstenant d'aller, par mon vote, soutenir une politique que je désapprouvait. Non seulement j'assume ce vote de 2002, mais je ne le regrette pas du tout.

Neuf ans après, je regrette que tous ceux (excepté Ségolène Royal et Jean-Luc Mélenchon), socialistes, écologistes, etc., qui, à gauche, avaient soutenu, soit en tant que ministre soit en tant que parlementaire, la politique du gouvernement Jospin, sévissent encore dans les milieux politiques et aient encore la prétention de représenter le Socialisme, la gauche sociale.

Je regarde même avec un certain cynisme , depuis 2007, les mêmes “pseudo socialistes”, saboter la campagne de Ségolène Royal et, aujourd'hui, surfer sur la montée du Front National pour essayer, en appelant au vote utile, à la candidature unique pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2012, de nous fourguer Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry comme président de la république.

Je comprends parfaitement que pour ces gens-là, la démarche de Ségolène Royal, notamment sa volonté de proximité avec les électeurs et d'enrichissement des connaissances des citoyens, grâce aux universités participatives populaires, est perçu comme un socialisme beaucoup trop démocratique et révolutionnaire.

Je comprends également que la franchise sans gants, ainsi que les propositions de bon sens de Jean-Luc Mélenchon, représentent un immense danger pour ceux-là mêmes qui marchent main dans la main, au nom d'un pragmatisme illusoire, avec les plus néolibéraux des « oligarques mondialisants ».

Et je comprends enfin que pour des gens qui pensent que « l'État ne peut pas tout » - et surtout que cela arrange que l'État ne puisse pas tout - il soit indispensable de faire taire tous ceux qui, par leur action ou par leurs propos, pourraient révéler aux yeux des électeurs la supercherie de parties qui se disent de gauche ou écologistes alors qu'au final ils soutiennent la logique libérale, ne considère le socialisme et l'écologie que comme un emballage de leur carriérisme.

Dès lors, si brièvement , moi qui regarde rarement le passé, je me suis demandée aujourd'hui ce que j'avais voté en 2002 et pourquoi un tel choix, je reconnais que cela aura eu au moins l'avantage de me permettre de réaliser que ce qui a motivé mon vote de 2002 est toujours d'actualité.

Il est donc fort probable que pour l'élection présidentielle et les élections législatives de 2012, faute d'un changement profond de l'idéologie du PS et du fonctionnement de EELV, si par malheur Ségolène Royal ne remporte pas l'élection primaire socialiste, ce ne seront pas des appels désespérés au vote utile, à une candidature unique, ni même des sondages douteux qui ressemblent plus à des machines à laver cerveau qu'à des démarches scientifiques, et encore moins la crainte de voir le Front National accéder aux hautes fonctions de l'État, qui me décideront à aller mettre un bulletin de vote, autre qu'un bulletin blanc, dans l'urne.

Que voulez vous, je ne suis pas de ces électeurs qu’on manipule par la peur, par l’imposition des idée de ceux qu’on désigne comme les penseurs, et encore moins par idéologie dévoyée…Et en cela je crois que je ressemble à énormément de mes concitoyens….

Sources : Intox 2007  ; à perdre la raison  ; Dailymotion ; Rue 89 ; Libération ;résistances et changements

vendredi 15 avril 2011

Pendant les diversions politiques ou médiatiques, la casse sociale continue

Il y a eu énormément d'annonces a visé électorale ces derniers jours, dans les médias, de la part du personnel politique et du gouvernement.

  • Annonces concernant essentiellement les candidatures des uns et des autres à des élections présidentielles et législatives qui, somme toute, n'auront lieu que dans plus d'un an.
  • Annonces qui manifestement n'ont pour but que de constituer l'échiquier politique de 2012, de racoler des catégories socioprofessionnelles à grands coups de pré projets plus ou moins précis, plus ou moins évalués financièrement.

Annonces qui se multiplient probablement afin de nous faire oublier que “pendant les travaux, la casse sociale continue” d'une façon on ne peut plus hypocrite et sournoise, car elle mélange l'électoralisme, le clientélisme électoral, tout en visant à faire baisser, sans que les principaux intéressés ne s'en rendent compte, le coût du travail et donc le revenu de l'ensemble de ceux dont le salaire “calé” sur le SMIC.

Quels points communs entre le discours de M. Guéant qui est fermement décidé à mettre un frein à l'immigration professionnelle, la proposition de quelques députés de l'UMP visant à obliger les prisonniers à travailler et celle de Xavier Bertrand et de quelques autres de rétablir le service du travail obligatoire pour les chômeurs percevant le RSA ?

Réfléchissez un peu... Le point commun entre ces trois projets , au delà des populations visées que certains présentent, par opportunisme, comme des assistés redevables à la société, c'est le coût horaire du travail.

La politique contre l'immigration  a pour conséquence immédiate de créer, sur le marché du travail, une pénurie de main-d'œuvre non qualifiée et bon marché. Ce faisant, ces immigrés qui ne viendront plus travailler en France, il faudra bien les remplacer au même prix (et si possible à un prix inférieur) pour l'employeur, car il est bon de le répéter, cette main-d'œuvre étrangère est principalement employée dans le bâtiment et les travaux publics, le nettoyage, qu'ils soit communale ou industriel... Et donc ce travail doit être fait si l'on ne veut pas que la France se transforme en poubelle et qu'elle n'ait plus d’infrastructures construites et entretenues.

Et donc, pour alimenter le marché du travail que les mesures xénophobes auront fragilisé, la droite présidentielle nous sort de son chapeau de mesures dont les conséquences immédiates, outre le fait qu'elles sont parfaitement amorales, illégales au regard de la Constitution, vont permettre de pallier le vide qu’occasionne, sur le marché du travail, la politique migratoire française.

Mais comme la majorité présidentielle ne poursuit jamais un objectif unique et qu'elle est spécialiste des “coups à trois bandes”, ces projets de lois vont avoir comme conséquence immédiate de faire baisser le coût horaire du travail.

  • La première mesure consiste à obliger les bénéficiaires du RSA a effectué 5 heures par semaine de travail d'intérêt général.

Outre le fait que dans notre législation, le travail d'intérêt général a toujours été considéré comme  le premier échelon de punition avant l'incarcération, on peut se demander de quoi les bénéficiaires su RSA sont coupables pour qu’on veuille les punir!  Et même les punir doublement puisqu’on les sous payerait… En effet,  si l'on en croit Martin Hirsch, le coût de l'heure travaillée par un bénéficiaire du RSA serait de 5 euros , alors que le montant du SMIC horaire net est de 7,6 euros (9 euros bruts).

Avec le projet de loi de la majorité présidentielle, les bénéficiaires du RSA perdraient entre 2,6 et 4 euros par heure de travail. Et pourtant ils effectueraient le même travail que les 600 000 personnes qui actuellement sont employées par les collectivités locales, les associations, les services de l'État et qui se verraient mis au chômage si cette loi était votée.

Depuis 1987 les prisonniers, sur la base du volontariat, et uniquement du volontariat, peuvent demander à travailler ou à être formé pendant leur incarcération. Mais, ne vous faites pas d'illusions, un détenu qui travaille, quand bien même il fournit généralement un travail manuel à l’une des 500 entreprises (très souvent sous-traitantes de grands groupes économiques et industriels)  liées à l'administration pénitentiaire, ne va pas gagner une fortune puisse que l'administration a fixé à 3,70 euros le montant du salaire horaire d'un détenu. En réalité, le détenu,  ne perçoit pas 3,70 € par heure puisque le l'administration pénitentiaire prélève sa dime sur cette somme. Du coup, lorsque Christian Vanneste, député du Nord, prétend que le travail des détenus devrait être obligatoire parce que cela permettrait de payer leur hébergement, il oublie de considérer qu'en étant  moitié moins à travail égal, le détenu paye déjà amplement son hébergement mais également le personnel de surveillance. Alors qu'il effectue un travail reconnu dans les nomenclatures officielles, un détenu perd 3,36 € nets par heure de travail (5,3 euros bruts). Employeur et administration sont donc largement bénéficiaires lorsqu'ils emploient des détenus.

Alors, si au-delà de l'enfumage, de la démagogie, que représentent ces annonces concernant l'immigration, le travail obligatoire pour ces « feignants de chômeurs », le travail obligatoire pour ces délinquants « logés nourris blanchis par la société », le constat est simple. La majorité présidentielle continue la casse sociale en s’en prenant , cette fois ci, aux plus fragilisés d’entre nous, à ceux qui paient déjà leurs erreurs, comme les détenus et à ceux qui paient celles des employeurs, comme les bénéficiaires du RSA.

Les « néo - beaufs » qui seraient tentés d'approuver une telle mesure, ferait mieux, surtout s'ils font parti de cette catégorie de travailleurs dont le salaire dépend indirectement du montant du SMIC horaire, de se méfier.

Car, en acceptant que le taux horaire du travail soit dévalué en fonction de la situation du salarié et non évalué à partir du contenu du travail effectué, il court le risque de se voir très très vite appliquer les mesures qu'on entend appliquer actuellement aux catégories les plus fragilisés des travailleurs (chômeurs, détenus).

Qu'ils n'aillent pas s'imaginer que les employeurs et l'État, qui depuis 10 ans n'ont de cesse que de casser les acquis sociaux et le coût du travail, ne chercheront pas à faire baisser le taux horaire du SMIC au prétexte que des ouvriers, des employés, des agents de maîtrise soutiennent le Front National et l'UMP...

Gagner, pour chaque heure travaillée, entre 2,60 € et 3,70 € de plus, c'est une aubaine qu'aucun actionnaire ne laissera passer, surtout si il bénéficie comme c'est le cas actuellement, d'une majorité présidentielle qui fait vraiment tout pour lui faire gagner plus au détriment des salariés.

Sources : Le Point; 20minutes;  RMC; Les horaires; le journal du net; les Échos; le Figaro ; CGT